RDC : le PCN de Willy Bakonga veut le dialogue… mais pas à n’importe quel prix
En République démocratique du Congo, le mot « dialogue » semble être devenu un peu comme le « Ndombolo » : tout le monde veut danser, mais chacun tient à choisir la musique.
Willy Bakonga, président national du Parti pour un Congo Nouveau (PCN) et ancien ministre de l’EPST, vient de mettre sa voix dans le chœur des partisans d’un dialogue national inclusif. Mais attention : pas question, selon lui, d’organiser une grande réunion où l’on distribuerait les chaises à tout le monde, armes sous le bras et casseroles judiciaires sur la tête.
Pour ce lieutenant du président, Félix Tshisekedi, l’intérêt supérieur du peuple congolais doit rester au centre des discussions, conformément à la vision défendue par le président Félix Tshisekedi.
Une position qui pourrait se résumer ainsi : « Oui au dialogue, mais d’abord, posons les armes sur la table… et idéalement pas avec les armes chargées. »
Bakonga met notamment en garde contre la participation de groupes armés impliqués dans les violences, ainsi que de personnes ou organisations soupçonnées de collusion avec le Rwanda. Avant de venir parler de paix autour d’une table, il faudrait donc, selon lui, commencer par démontrer sur le terrain que l’on a réellement tourné la page de la violence.
Une exigence qui risque de compliquer quelque peu l’organisation pratique du dialogue. Car en RDC, convoquer tout le monde à une table est une chose ; vérifier que chacun arrive sans fusil, sans agenda caché et avec une véritable volonté de paix, c’en est une autre.
L’ancien ministre rappelle également que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en RDC ne devraient pas être enterrés sous le tapis du dialogue national.
Et c’est peut-être là que commence le vrai casse-tête : comment parler de réconciliation sans transformer la justice en variable d’ajustement ?
Car le dialogue peut être une porte vers la paix. Mais encore faut-il éviter qu’il ne devienne cette fameuse porte congolaise qui s’ouvre à tout le monde… sauf à la vérité.
Au fond, le message de Willy Bakonga ressemble à une équation politique assez simple : dialoguer, oui ; capituler, non ; pardonner, peut-être ; oublier, jamais.
Reste maintenant à savoir qui viendra à la table, qui acceptera de déposer les armes et surtout qui aura le courage de regarder le peuple congolais dans les yeux après toutes ces années de souffrance.
Parce qu’au bout du compte, le principal invité du dialogue devrait être celui dont on parle souvent dans les discours, mais qu’on oublie parfois lorsqu’on passe aux décisions : le peuple congolais lui-même.
Francis Luende