Réseaux mobiles en RDC: José Mpanda passe en mode « ça suffit !»
Il était peut-être temps de rappeler aux opérateurs de téléphonie mobile que les mégas des Congolais ne sont pas des fantômes : lorsqu’ils disparaissent, les abonnés aimeraient savoir où ils vont.
Après son passage à l’ARPTC, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a décidé de poursuivre son offensive en réunissant autour d’une même table les quatre grands opérateurs du pays notamment, Vodacom, Airtel, Orange et Africell.
Au menu, connexion qui joue à cache-cache, mégas qui fondent mystérieusement et unités qui semblent avoir développé leur propre capacité à disparaître.
Pour les abonnés, le scénario est devenu presque classique : on achète un forfait, on consulte son solde quelques minutes plus tard et, surprise, une partie des mégas semble déjà avoir pris le chemin de l’exil.

Quant à la connexion, elle peut parfois être si hésitante qu’on se demande si elle transmet réellement les données… ou simplement les bonnes intentions.
Cette fois, le ministre veut des explications.
Dans l’architecture du secteur, le rôle de chacun est pourtant clairement défini. Le ministère donne les orientations et impulse l’action. L’ARPTC régule, contrôle et arbitre. Les opérateurs, eux, fournissent les services que les Congolais paient.
Autrement dit : chacun son travail, mais surtout, chacun ses responsabilités.
José Mpanda semble donc vouloir sortir du traditionnel « nous allons étudier la question » pour entrer dans une période beaucoup moins confortable :
« Donnez-nous des résultats. »
Vodacom, Airtel, Orange et Africell sont ainsi invités à faire mieux que des promesses commerciales et des publicités souriantes. Les consommateurs veulent surtout une chose : un réseau qui fonctionne et des forfaits dont la consommation puisse être comprise et justifiée.
La réunion ministérielle pourrait donc marquer le début d’une nouvelle saison dans le feuilleton des télécommunications congolaises : après les plaintes des abonnés, voici venu le temps des comptes à rendre.
Reste maintenant à voir si les « mégas disparus » seront enfin retrouvés, si la connexion cessera de jouer à cache-cache et si le mot « qualité » retrouvera sa place dans le vocabulaire quotidien des télécoms.
Francis Luende