Kinshasa : le train urbain séduit les Kinois et renforce la diversification des moyens de transport (Reportage)
Il est à peine 6 heures du matin lorsque le train urbain quitte la commune patriotique de Masina, dans l’est de Kinshasa. Sur le quai, l’affluence témoigne déjà de l’engouement suscité par la reprise du service il y a peu. Des centaines de passagers prennent place à bord du train à destination de la Gare centrale.
En classe économique, accessible au tarif de 2 000 francs congolais, toutes les places assises sont occupées, témoigne l’image. Dans les couloirs, certains voyageurs effectuent le trajet debout, signe de l’intérêt croissant des Kinois pour ce mode de déplacement, particulièrement aux heures de pointe.
Le train progresse à travers les quartiers de la capitale et offre une alternative aux longues heures d’embouteillages qui rythment quotidiennement les déplacements à Kinshasa.
Parti de Masina à 6 heures, il atteint la Gare centrale à 7h15, permettant aux voyageurs de rejoindre le centre-ville dans un temps relativement maîtrisé.
Cette reprise, intervenue il y a une semaine sous l’impulsion de l’ONTRA, s’inscrit dans une vision plus large portée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui entend diversifier les solutions de mobilité dans la capitale.
Pour le président de la République, la réponse aux difficultés de déplacement des Kinois ne peut reposer sur un seul moyen de transport. Elle doit s’appuyer sur la complémentarité entre les routes, le rail et le transport fluvial. L’objectif est de multiplier les alternatives, de fluidifier les déplacements et de mieux répondre aux besoins d’une métropole de plus de 15 millions d’habitants.
Sur les routes, les efforts portent notamment sur l’amélioration des infrastructures et le renforcement des transports collectifs. Sur le rail, la relance du train urbain constitue une réponse attendue par de nombreux habitants des communes de l’est de la ville. Sur le fleuve Congo, le transport fluvial apparaît également comme un axe stratégique pour désengorger les principaux corridors routiers et offrir de nouvelles possibilités de déplacement aux populations.
À bord du train, l’ambiance est celle d’un service qui retrouve progressivement sa place dans le quotidien des Kinois. Travailleurs, étudiants, commerçants et autres usagers profitent de cette liaison pour gagner le centre-ville.
La forte fréquentation observée dès les premiers jours montre toutefois l’ampleur des besoins. Elle constitue à la fois un encouragement et un défi : celui d’accroître progressivement l’offre afin que le rail puisse jouer pleinement son rôle dans le système de mobilité de Kinshasa.
Avec la combinaison des routes, du rail et du fleuve, l’ambition affichée est de construire une mobilité plus diversifiée, plus accessible et mieux adaptée aux réalités d’une capitale en pleine croissance. Ce matin-là, entre Masina et la Gare centrale, le train n’a donc pas seulement transporté des passagers : il a donné un aperçu concret de cette nouvelle approche de la mobilité kinoise.
Francis Luende