RDC : le déficit d’électricité dépasse 2 000 MW dans le Grand Katanga et pénalise la transformation minière

Le déficit d’approvisionnement en électricité dans le Lualaba et le Haut-Katanga franchit désormais la barre des 2 000 mégawatts. Cette situation constitue, selon le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, un frein majeur au développement de l’industrie minière et à la transformation locale du cuivre et du cobalt.

Dans une tribune publiée jeudi 13 août, soit un an après son entrée en fonction, le ministre estime que l’insuffisance de l’offre énergétique compromet les ambitions industrielles de la République démocratique du Congo. Les deux provinces concernées concentrent une grande partie de la production nationale de cuivre et de cobalt.

Selon Aimé Sakombi Molendo, les missions effectuées sur le terrain ont permis de mieux mesurer l’ampleur des besoins énergétiques du secteur minier. Les activités de transformation du cuivre et du cobalt, notamment les procédés métallurgiques et hydrométallurgiques, nécessitent en effet une alimentation électrique importante, régulière et à des coûts compétitifs.
Une alimentation insuffisante ou instable peut ainsi limiter le fonctionnement continu des installations industrielles.

Elle risque également de compliquer la mise en place de nouvelles unités de traitement et de réduire l’attractivité des investissements dans les deux principales provinces minières du pays.

À défaut d’une offre énergétique suffisante, certains opérateurs pourraient être contraints de recourir à des sources alternatives, généralement plus onéreuses. Une telle situation pèserait sur la compétitivité des entreprises, mais aussi sur la création de valeur ajoutée et d’emplois industriels en RDC.
Plusieurs projets annoncés pour renforcer l’offre énergétique
Pour répondre à cette situation, le gouvernement met en avant plusieurs projets énergétiques, même si leur degré de réalisation demeure différent.

Pour la centrale hydroélectrique de Katende, le ministre évoque des mesures visant à sécuriser le cadre institutionnel et financier afin de permettre une reprise progressive du chantier. Une partie des ressources nécessaires pourrait être mobilisée à travers l’Eurobond souverain, sans que le gouvernement ne précise, à ce stade, le montant concerné ni le calendrier prévu pour les décaissements.

Le projet Inga III figure également parmi les initiatives citées. Aimé Sakombi Molendo indique que la Banque mondiale a approuvé un financement de 250 millions de dollars pour la première phase du programme, en collaboration avec l’Agence pour le développement et la promotion du projet Inga (ADPI).

Des négociations seraient par ailleurs engagées avec l’Afrique du Sud et plusieurs pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). L’objectif est notamment de sécuriser des contrats d’achat d’électricité susceptibles de faciliter la mobilisation de financements privés.

Pioka-Tombe au cœur des ambitions régionales

Le ministre mentionne également le projet hydroélectrique de Pioka-Tombe, situé dans la région des Cataractes, dont la capacité annoncée atteint 6 450 MW. Une note aurait été présentée au gouvernement afin que ce projet soit intégré aux priorités stratégiques nationales dans le secteur de l’électricité.

Le 26 février 2026, un protocole d’accord portant sur la fourniture de 2 000 MW à la République du Congo a également été signé. Electroconsult, qui avait réalisé les études historiques du site en 1978, aurait été sollicité pour leur actualisation.
La Banque africaine de développement aurait, de son côté, exprimé un intérêt pour le projet, sans que les modalités précises de son éventuelle participation soient encore connues.

Le ministre fait aussi état de protocoles consacrés au développement de lignes à haute tension en direction de l’Angola. Il cite enfin la finalisation, après trois années d’attente, d’un accord d’échange d’énergie entre la Société nationale d’électricité (SNEL) et Énergie Électrique du Congo.

Un potentiel énergétique considérable, mais encore largement inexploité

La RDC dispose, selon les données avancées par Aimé Sakombi Molendo, d’un potentiel hydroélectrique évalué à environ 167 000 MW, ce qui la place parmi les pays disposant des ressources hydroélectriques les plus importantes au monde.

Malgré ce potentiel, l’accès à l’électricité reste limité. Le ministre affirme que le taux national d’électrification serait passé de 9 % en 2018 à 21,5 % en 2025. La tribune ne précise toutefois pas les sources utilisées pour établir ces statistiques.

Francis Luende

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