De la Tshuapa à Kinshasa: le pari de Willy Bakonga pour l’avènement d’une quatrième République
Longtemps considéré comme une voix isolée au sein de la majorité présidentielle sur la question du changement constitutionnel, l’honorable Willy Bakonga a franchi une nouvelle étape dans son combat politique en déposant, ce lundi 8 juin, une pétition auprès du Bureau de l’Assemblée nationale visant à engager le processus devant conduire à l’avènement de la Quatrième République en République démocratique du Congo.
Ce geste intervient après plusieurs mois d’une intense campagne de sensibilisation menée à travers le pays. Du Kasaï-Oriental au Kongo-Central, en passant par Mbandaka et sa province natale de la Tshuapa, Willy Bakonga a multiplié les rencontres populaires pour défendre l’idée d’un changement profond de l’architecture institutionnelle congolaise.
Une démarche que ses proches qualifient d’« artivisme politique », tant elle a mêlé mobilisation citoyenne, pédagogie populaire et engagement personnel.
À une époque où la plupart des responsables de la majorité présidentielle évitaient soigneusement d’aborder la question constitutionnelle, craignant les controverses qu’elle suscite, Willy Bakonga avait choisi de porter publiquement le débat.

Dans ses différentes interventions, il n’a cessé d’affirmer que la Constitution actuellement en vigueur, promulguée le 18 février 2006, ne répondait plus aux défis contemporains de la RDC et qu’elle portait encore les marques d’influences extérieures qui auraient limité la pleine expression de la souveraineté nationale.
Aujourd’hui, le contexte semble avoir évolué. Plusieurs acteurs de la majorité, jusque-là prudents ou silencieux, affichent désormais leur adhésion à l’idée d’une Quatrième République. Une évolution qui conforte les partisans de Willy Bakonga, convaincus que leur leader a contribué à ouvrir un débat devenu incontournable sur la scène politique nationale.
Au-delà de la question institutionnelle, le leader de la Tshuapa met en avant une autre préoccupation : garantir la continuité des réformes engagées sous le leadership du Président Félix Tshisekedi.
Soutien indéfectible du chef de l’État, Willy Bakonga estime que les transformations amorcées dans les domaines de la sécurité, des infrastructures, de la diplomatie et du développement nécessitent davantage de temps pour produire tous leurs effets.
Pour lui, la réflexion sur une nouvelle Constitution doit également permettre de doter le pays d’institutions plus adaptées aux ambitions de développement et à la consolidation de l’État. Ses partisans considèrent ainsi que l’avènement de la Quatrième République constituerait un cadre favorable à la poursuite de l’action présidentielle et à l’approfondissement des réformes engagées depuis plusieurs années.

Si le contenu détaillé de la pétition n’a pas encore été rendu public, son dépôt marque un tournant dans le débat constitutionnel. Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le Bureau devra examiner la recevabilité de cette démarche avant de se prononcer sur les suites à lui réserver.
Une chose est néanmoins certaine : en portant ce combat alors que peu d’acteurs politiques osaient s’y engager ouvertement, Willy Bakonga s’est imposé comme l’un des principaux promoteurs de l’idée de la Quatrième République. Le dépôt de sa pétition pourrait désormais accélérer un débat qui, de plus en plus, s’invite au cœur de la vie politique congolaise.
Francis Luende