APK : Jared Phanzu met fin à sa propre motion, Alain Tshilungu peut souffler

Dans ce qui pourrait passer pour un spectacle politique involontairement comique, l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) a déclaré caduque l’interpellation initiée par le député Jared Phanzu à l’encontre du ministre des Infrastructures et Travaux publics, Alain Tshilungu. Motif officiel : l’incapacité de l’élu à expliquer clairement pourquoi il était mécontent.

Une motion qui s’auto-détruit

Lors de la séance plénière, Phanzu a tenté de convaincre ses collègues qu’il avait le droit, selon l’article 191 du règlement intérieur, de transformer sa simple question orale en interpellation.

Malheureusement pour lui, les députés n’ont pas trouvé sa démonstration très convaincante. Pire encore : lorsqu’il a fallu préciser les griefs exacts contre le ministre, le député s’est emmêlé les crayons et les arguments. Résultat : motion déclarée caduque, initiative tombée comme un soufflé raté.

Les députés tiennent le règlement
Nicolas Wemankoy, président de la Commission PAJ, et plusieurs autres élus ont pris un malin plaisir à rappeler que la transformation d’une question en interpellation n’est pas une carte blanche pour lancer des accusations sans fondement. Selon eux, il est impératif de motiver clairement sa démarche, comme le stipule l’article 203 du règlement intérieur. Traduction pour les néophytes : on ne peut pas juste dire « je ne suis pas content » et espérer que ça passe.


À la sortie, Alain Tshilungu peut souffler.Non seulement il sort indemne de cette tentative d’interpellation, mais il peut aussi savourer ce petit succès symbolique devant la presse et ses collègues. Le débat, quant à lui, a surtout mis en lumière deux choses : la subtilité (et parfois la complexité kafkaïenne) du règlement intérieur de l’APK, et le fait que tout député voulant jouer au contrôleur du gouvernement doit avoir des arguments précis… et un peu plus de souffle que Phanzu.

Morale parlementaire


Le contrôle parlementaire reste un droit fondamental des élus, mais il exige une maîtrise des procédures et un minimum de cohérence. À défaut, mieux vaut ne pas se lancer dans une interpellation… au risque de s’auto-disqualifier et de fournir à ses collègues un spectacle involontairement divertissant.

Francis Luende

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