RDC : Gabriel Mokia s’interroge : « Comment Martin Fayulu est-il devenu l’homme fort de Kabila ? »
Lors de la conférence de presse hebdomadaire du Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS), le président du Mouvement des Démocrates Congolais (MDCO), Gabriel Mokia Mandembo, a lancé un appel direct à l’opposant Martin Fayulu afin qu’il « revienne à la raison » dans le contexte politique actuel de la République démocratique du Congo.
Face à la presse, Gabriel Mokia s’est montré particulièrement critique vis-à-vis du rapprochement politique entre Martin Fayulu et l’ancien président Joseph Kabila.
Selon lui, cette alliance est incompréhensible au regard des combats politiques menés par l’opposition congolaise durant les années passées.
« Comment Martin Fayulu peut-il devenir aujourd’hui l’homme fort de Kabila alors qu’ils ne se sont jamais battus ensemble pour la démocratie ? Même Kabila finira par se moquer de lui », a déclaré Gabriel Mokia devant la presse et les militants et sympathisants du RCET-CPS.

Le président du MDCO a rappelé les moments difficiles traversés par l’opposition sous le régime précédent. Il a notamment évoqué les marches de contestation organisées contre le pouvoir de l’époque, au cours desquelles plusieurs opposants avaient été victimes de violences.
« Nous nous souvenons encore de cette période où Martin Fayulu avait reçu une pierre au front lors d’une marche de l’opposition. Il avait failli perdre la vie. Aujourd’hui, comment peut-il encore se rapprocher de ceux contre lesquels nous avons lutté pendant des années ? », s’est interrogé Gabriel Mokia.
Pour le leader du MDCO, les acteurs politiques qui ont accompagné l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi doivent plutôt préserver les acquis obtenus depuis l’alternance politique de 2019. Il estime le pays connaît aujourd’hui une plus grande ouverture démocratique et une liberté d’expression plus visible qu’auparavant.
« Nous devons conserver les acquis parce qu’aujourd’hui, nous sommes tous vivants et libres de nous exprimer. Nous devons aller jusqu’au bout pour défendre les intérêts du peuple congolais pour lesquels nous nous sommes battus depuis tant d’années », a-t-il affirmé.
Les arguments avancés pour une réforme constitutionnelle
Au cours de cette rencontre politique, Gabriel Mokia a également abordé la question sensible d’une éventuelle changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Selon lui, le président Félix Tshisekedi n’a pas eu les conditions nécessaires pour exécuter pleinement son programme politique durant ses deux mandats.
Il estime qu’une grande partie du premier mandat du chef de l’État a été paralysée par les contraintes de la coalition gouvernementale avec le Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, tandis que le second mandat fait face à une situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays.
« Félix Tshisekedi n’a travaillé qu’à 60 % de ses deux mandats. Le mandat supplémentaire que nous voulons lui donner servirait à compenser le temps perdu à cause des blocages politiques et des crises sécuritaires », a soutenu Gabriel Mokia.
Francis Luende