Kinshasa : Daniel Bumba enclenche la réforme fiscale pour renflouer les caisses de la capitale
Sous les lustres de l’hôtel Golden Tulip Kinshasa, cadres de l’administration provinciale, experts en finances publiques et partenaires techniques ont pris place ce jeudi 14 mai pour un atelier présenté comme décisif pour l’avenir économique de la capitale congolaise. Au centre des discussions : la réforme de l’administration fiscale de la ville de Kinshasa, portée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
Face à une mobilisation des recettes jugée insuffisante au regard des besoins de la mégapole, l’exécutif provincial veut désormais revoir en profondeur son système de perception des taxes et impôts. L’objectif affiché est clair : moderniser les mécanismes de collecte afin de permettre à la ville de financer ses ambitions de développement.

Dans une salle attentive, le gouverneur a défendu une réforme qu’il considère comme incontournable pour sortir Kinshasa de ses difficultés financières chroniques. Selon lui, malgré un potentiel fiscal important lié à une population estimée à près de 20 millions d’habitants, la ville peine encore à mobiliser suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de ses habitants.
« Nous avons un potentiel fiscal important sur lequel nous devons bâtir notre développement urbain », a déclaré Daniel Bumba Lubaki devant les participants.
La réforme présentée prévoit notamment la création de deux nouvelles régies financières urbaines : la Direction générale des Recettes fiscales de Kinshasa (DGRFK) et la Direction générale des Taxes de Kinshasa (DGTK).
La première sera chargée des impôts provinciaux, notamment l’assiette, le contrôle, le recouvrement et le contentieux, tandis que la seconde s’occupera des taxes, droits et redevances urbaines.
Pour les autorités provinciales, cette séparation des missions permettra de renforcer l’efficacité de l’administration fiscale tout en améliorant la transparence et la traçabilité des opérations financières grâce à la digitalisation des procédures.
Au cours de son intervention, le gouverneur n’a pas caché ses inquiétudes face à la situation budgétaire actuelle de la capitale.
« Kinshasa mobilise très peu par rapport aux charges auxquelles nous faisons face.
On peut clairement dire que Kinshasa est en banqueroute », a-t-il affirmé, rappelant que le programme « Kinshasa Ezo Bonga » nécessite près de 11 milliards de dollars sur cinq ans.
Au-delà des questions fiscales, les autorités provinciales voient également dans cette réforme un levier pour l’emploi des jeunes.
Le projet prévoit, dans sa phase initiale, la création de 5 000 emplois, une mesure que le gouverneur présente comme une réponse aux défis sociaux auxquels fait face la jeunesse congolaise.
Cette initiative s’inscrit dans la vision de modernisation de la capitale portée par le programme « Kinshasa Ezo Bonga », mais aussi dans celle du président Félix Tshisekedi, axée notamment sur la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Avec cette réforme, l’exécutif provincial espère désormais jeter les bases d’une administration fiscale plus performante capable d’accompagner les ambitions de développement d’une ville confrontée à une urbanisation galopante et à d’importants défis socio-économiques.
Francis Luende