Kinshasa : l’IGTER au cœur d’une polémique autour du conflit coutumier de Bingi-Bingi
La situation autour du village Bingi-Bingi, situé dans la commune de la N’sele à Kinshasa, connaît un nouveau rebondissement après la révélation d’une correspondance attribuée à l’Inspection Générale de la Territoriale (IGTER), adressée au bourgmestre de la commune au sujet de l’installation d’un chef de village contesté.
Selon des informations relayées ce lundi 11 mai par le média Liberté Plus, la lettre en question, datée du 6 mai et signée par Roger Lumbila Fekey, Inspecteur Général intérimaire de la Territoriale, demande l’installation de Mulele Munzele Platini comme chef du village Bingi-Bingi.
Cette démarche suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et parmi certains observateurs des affaires administratives et coutumières. Plusieurs voix dénoncent un éventuel dépassement des compétences de l’IGTER, estimant que cette institution n’a pas vocation à intervenir directement dans la gestion des conflits coutumiers.
Des critiques portent également sur le fondement juridique de cette correspondance. D’après certaines sources, les documents évoqués dans la lettre seraient devenus caducs à la suite d’une décision récente du gouverneur de la ville de Kinshasa suspendant toute initiative relative au dossier Bingi-Bingi, dans l’attente de la mise en place d’une Commission consultative chargée du règlement des conflits coutumiers.
Par ailleurs, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur ainsi que le Secrétaire général aux Affaires coutumières seraient favorables à la création d’une commission ad hoc pour traiter les litiges coutumiers en cours dans la capitale, avec l’implication des autorités provinciales.
La légitimité de Mulele Munzele Platini fait également débat. Selon les mêmes sources, ce dernier ne disposerait d’aucun document officiel attestant sa qualité de chef coutumier reconnu.
À l’inverse, Willy Mabiala Mukoko serait soutenu par un procès-verbal de désignation de la famille régnante ainsi qu’un acte de reconnaissance délivré par la commune.
Dans ce contexte tendu, plusieurs observateurs appellent les autorités compétentes à privilégier le respect des procédures légales afin d’éviter une aggravation des tensions autour du dossier Bingi-Bingi.
Le bourgmestre de la N’sele, Franck Mbo Nzolameso, se retrouve ainsi face à une décision délicate : exécuter ou non les instructions contenues dans la correspondance de l’IGTER. Certains estiment qu’il devrait au préalable saisir officiellement sa hiérarchie administrative, notamment le gouverneur de la ville de Kinshasa, avant toute initiative.
Pendant ce temps, l’affaire continue d’alimenter les débats dans l’opinion publique kinoise, alors que plusieurs questions persistent sur les motivations réelles derrière les tensions récurrentes autour du village Bingi-Bingi.
Francis Luende « le bruit du silence »