RDC: Rachel Shako porte une nouvelle ambition pour la presse congolaise à travers la Tribune des Femmes de Médias

Au Musée national de la République démocratique du Congo, les professionnels des médias se sont retrouvés jeudi dernier autour d’un enjeu devenu incontournable : l’avenir du journalisme à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.

Une rencontre placée sous le signe de l’éthique, de la responsabilité et de l’engagement professionnel, à l’initiative de la Tribune des Femmes de Médias (TFM), en partenariat avec l’Union Nationale des Caméramans du Congo (UNCC).

Derrière cette initiative se dessine le leadership d’une femme qui entend donner une nouvelle dynamique au secteur médiatique congolais : Rachel Shako, présidente de la Tribune des Femmes de Médias. À travers cette organisation, elle milite pour une presse plus professionnelle, plus responsable et davantage attachée aux principes qui fondent le métier de journaliste.

Une journée pour interroger le présent et préparer l’avenir
La Journée nationale de la Presse congolaise, organisée autour du thème « Éthique, déontologie journalistique et intelligence artificielle », a offert un espace de réflexion sur les profondes mutations que connaît le paysage médiatique.

Dans un contexte où les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information et où les outils d’intelligence artificielle bouleversent les pratiques professionnelles, la question de la place du journaliste se pose avec une acuité nouvelle.
Pour Rachel Shako et la TFM, il ne s’agit pas de considérer la technologie comme une menace, mais de rappeler que les innovations ne doivent jamais faire disparaître les fondamentaux du métier : la vérification des faits, la rigueur, la responsabilité et le respect de la déontologie.

Cette vision a trouvé un écho particulier dans l’intervention du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Prenant part à la cérémonie, le porte-parole du gouvernement a rappelé que ni l’intelligence artificielle ni les réseaux sociaux ne peuvent se substituer au journaliste.

La responsabilité de ce dernier demeure essentielle dans la vérification, le traitement et la diffusion d’une information fiable.
Rachel Shako, une voix pour la professionnalisation des médias
À la tête de la Tribune des Femmes de Médias, Rachel Shako fait de l’éthique professionnelle l’un des piliers de son engagement.

Son plaidoyer est clair : les transformations technologiques doivent s’accompagner d’un renforcement de la conscience professionnelle. Car si les outils changent, la mission fondamentale du journaliste demeure.
Dans son intervention, la présidente de la TFM a ainsi insisté sur la nécessité d’une presse davantage attachée à l’éthique et à la déontologie.

Une position qui traduit la philosophie portée par son organisation : faire de la responsabilité journalistique non seulement une obligation professionnelle, mais également une contribution à la construction d’une société mieux informée.

Sous son impulsion, la TFM s’affirme progressivement comme un espace de rassemblement, de réflexion et de valorisation des femmes évoluant dans l’univers des médias, tout en ouvrant le débat sur les grandes questions qui touchent l’ensemble de la profession.

Quand les médias deviennent acteurs de la paix

La rencontre du Musée national s’est également inscrite dans un contexte particulièrement sensible pour la République démocratique du Congo, marqué par la guerre informationnelle, la désinformation et la multiplication des contenus diffusés instantanément sur les plateformes numériques.

Face à ces défis, le ministre Patrick Muyaya a appelé les professionnels des médias à jouer pleinement leur rôle dans la préservation de la paix, de la cohésion nationale et de l’intégrité territoriale.

Cette responsabilité rejoint précisément l’ambition défendue par la TFM : rappeler que le journaliste ne se limite pas à rapporter les événements. Par la qualité de son travail, il participe aussi à façonner le débat public et à renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions.

Une célébration qui met les femmes à l’honneur

La journée ne s’est toutefois pas limitée aux débats professionnels. Elle s’est achevée par une soirée de gala au cours de laquelle la Tribune des Femmes de Médias a remis son Trophée TFM.
À cette occasion, dix personnalités féminines ont été distinguées pour leur engagement et leur contribution au développement de la société congolaise, dans le cadre de la célébration de la femme africaine.

Ce moment de reconnaissance traduit une autre dimension du leadership de Rachel Shako : mettre en lumière les femmes qui font bouger la société congolaise et créer des espaces où leurs parcours, leurs réalisations et leur engagement peuvent être reconnus.

À travers ce trophée, la TFM ne célèbre donc pas uniquement des personnalités. Elle défend également une vision : celle d’une société dans laquelle les femmes occupent pleinement leur place dans les sphères professionnelles, sociales et institutionnelles.

Une initiative appelée à s’inscrire dans la durée
En réunissant journalistes, caméramans et autres professionnels des médias autour des enjeux de leur profession, la Tribune des Femmes de Médias et l’UNCC ont voulu faire du Musée national un lieu de dialogue sur l’avenir de la presse congolaise.
L’initiative portée par Rachel Shako apparaît ainsi comme une démarche qui dépasse la simple organisation d’une journée commémorative. Elle traduit une volonté de rassembler, sensibiliser, valoriser et professionnaliser.

À l’heure où l’intelligence artificielle transforme les méthodes de production de l’information, où les réseaux sociaux redessinent les habitudes du public et où la désinformation constitue un défi majeur, le message porté par la TFM prend une dimension particulière : la technologie peut accompagner le journaliste, mais elle ne peut remplacer son jugement, son éthique et sa responsabilité.

C’est autour de cette conviction que Rachel Shako entend poursuivre son action. Avec la Tribune des Femmes de Médias, son leadership s’inscrit dans une dynamique de valorisation des femmes, de défense d’une presse responsable et de réflexion sur l’avenir du journalisme en République démocratique du Congo.

Francis Luende

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