Tshuapa : huit mois après, les bus Transco immobilisés, symbole d’une province oubliée
L’espoir suscité par l’arrivée des bus Transco n’aura été que de courte durée. Huit mois après leur mise en service, tous les véhicules sont désormais immobilisés. Après seulement quelques rotations sur l’axe Wema–Boende, le projet s’est heurté à une réalité bien connue des habitants : l’absence d’infrastructures routières dignes de ce nom.
Les bus, censés améliorer la mobilité des populations et faciliter les échanges économiques, ne peuvent plus circuler en raison de la dégradation avancée des routes. Dans plusieurs secteurs, les voies sont devenues impraticables, surtout pendant la saison des pluies, rendant impossible tout transport régulier.
Pour de nombreux observateurs, cette situation met en évidence les limites d’une politique qui consiste à déployer des moyens de transport sans investir simultanément dans les infrastructures qui doivent les accueillir. Des bus modernes ne peuvent remplir leur mission lorsque les routes sont inexistantes ou en état de délabrement avancé.
Au-delà du cas de Boende, c’est l’ensemble de la province de la Tshuapa qui souffre d’un déficit chronique d’infrastructures. Les territoires de Boende, Bokungu, Befale, Djolu, Ikela, Monkoto et d’autres entités restent difficilement accessibles et sont insuffisamment reliés entre eux. Cette faible connectivité freine le commerce, limite l’accès aux soins de santé, complique la scolarisation des enfants et ralentit le développement économique de toute la province.
Plus préoccupant encore, malgré les deux mandats du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la Tshuapa ne disposerait toujours d’aucun kilomètre de route revêtue de macadam. Une réalité qui alimente le sentiment d’abandon exprimé par de nombreux habitants.
Face à cette situation, une question revient avec insistance : que fait le ministère des Infrastructures et Travaux publics ? Alors que plusieurs provinces bénéficient de programmes de réhabilitation et de construction routière, la Tshuapa attend toujours des investissements capables de désenclaver ses territoires. Les populations estiment que le développement ne peut être envisagé sans un réseau routier reliant efficacement les chefs-lieux des territoires et les centres de production.
Les habitants lancent ainsi un appel au gouvernement central, notamment au ministère des Infrastructures et au ministère des Transports, afin qu’un vaste programme de construction et de réhabilitation des routes soit engagé dans la province. Pour eux, remettre les bus Transco en circulation ne sera possible que lorsque les routes redeviendront praticables.
L’immobilisation des bus Transco apparaît aujourd’hui comme le symbole d’un problème plus profond : celui d’une province riche en ressources humaines et naturelles, mais freinée par un manque criant d’infrastructures de base. Sans routes, ni les transports, ni le commerce, ni le développement ne peuvent véritablement prendre leur essor.
Francis Luende