Le CNSA appelle à suspendre la loi sur le référendum et plaide pour un dialogue national
Réuni en session ordinaire le 23 juin 2026 à Kinshasa, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA), sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, a examiné plusieurs questions d’actualité, dont l’invitation adressée à son président par le Parquet général près la Cour de cassation ainsi que la loi récemment adoptée portant organisation du référendum.
Au cours de cette rencontre, Joseph Olenghankoy est revenu sur son audition devant le Parquet général. Il a indiqué n’avoir reçu aucune précision sur les motifs de sa convocation avant de s’y présenter. Selon ses explications, les échanges ont finalement porté sur un message diffusé sur les réseaux sociaux et attribué à tort à sa personne.
L’essentiel des travaux a toutefois concerné la nouvelle loi sur le référendum. Si le CNSA reconnaît la nécessité de moderniser le cadre juridique encadrant l’organisation des référendums en République démocratique du Congo, il estime que plusieurs dispositions du texte soulèvent des préoccupations d’ordre juridique et pourraient être incompatibles avec la Constitution.
L’institution considère également que l’ouverture d’un débat sur une éventuelle révision constitutionnelle intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la persistance de l’insécurité dans l’est du pays et l’occupation d’une partie du territoire national. Selon le CNSA, une telle initiative risque d’accentuer les tensions politiques et de compromettre davantage la cohésion nationale.
À l’issue de ses délibérations, le Conseil a demandé au président de la République de surseoir à la promulgation de cette loi et de solliciter une nouvelle lecture du texte par le Parlement afin de permettre un examen approfondi des dispositions contestées.
Le CNSA a, par ailleurs, lancé un appel à l’ensemble de la classe politique et aux institutions de la République à privilégier l’unité nationale et à éviter les débats qu’il qualifie d’inopportuns dans le contexte actuel. L’institution invite les acteurs nationaux à concentrer leurs efforts sur la recherche de solutions en faveur du retour de la paix et de la stabilité.
Enfin, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral a salué les initiatives régionales de médiation, notamment celles menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, tout en réaffirmant son soutien à l’organisation d’un dialogue intercongolais inclusif, présenté comme un cadre susceptible de renforcer la cohésion et de favoriser la réconciliation entre les Congolais.
Francis Luende