RDC : Le RCET-CPS célèbre une « entrée historique » de la RDC dans ce cercle très fermé où les milliards circulent plus vite que les promesses électorales
À Kinshasa, il y a des conférences de presse… et puis il y a celles du Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS). Ce jeudi, le mouvement a réussi l’exploit de voyager en une seule heure entre Wall Street, Eurobond, Pretoria, et les villages de l’Est de la RDC le tout sans quitter son pupitre.
Premier arrêt : les marchés financiers internationaux.
Le RCET-CPS célèbre une « entrée historique » de la RDC dans ce cercle très fermé où les milliards circulent plus vite que les promesses électorales. Dans leur enthousiasme, certains militants semblaient déjà imaginer des autoroutes suspendues au-dessus du fleuve Congo, des trains à grande vitesse entre Masina et Mont-Ngafula… et pourquoi pas une station spatiale à Limete.

Au cœur de cette success story, Félix Tshisekedi, présenté comme le capitaine ayant ouvert les portes du coffre-fort mondial.
« Avec lui, la marche vers le progrès social est amorcée », assure le mouvement même si, pour beaucoup de Congolais, cette marche ressemble encore à un parcours d’obstacles… sans chaussures.
Deuxième arrêt : la diplomatie version punchlines.
Dans un style digne d’un match de boxe verbal, Paul Kagame est désigné « agresseur officiel », tandis que Joseph Kabila est renvoyé à une supposée « errance politique ». Une géopolitique simplifiée, presque pédagogique : les gentils d’un côté, les méchants de l’autre… et le public au milieu, essayant de suivre le scénario.
Troisième arrêt : Pretoria.
La rencontre du regroupement « Sauvons le Congo » y est décrite comme un complot à peine voilé contre le chef de l’État. Pour le RCET-CPS, il ne s’agit pas d’un débat politique, mais presque d’un film d’espionnage où chaque réunion internationale cacherait une intrigue mondiale digne de Netflix.
Pendant ce temps, sur le terrain, le mouvement évoque une « terreur » dans certaines zones de l’Est : meurtres, viols, enrôlements d’enfants… Une réalité dramatique, évoquée entre deux déclarations politiques, comme pour rappeler que derrière les discours, il y a un pays qui attend encore des solutions concrètes.
Enfin, clou du spectacle:
la Constitution.
Le RCET-CPS l’annonce sans trembler : elle sera changée. Point final. Le peuple est convoqué sans qu’on sache vraiment s’il a déjà reçu l’invitation officielle.
Et pour ceux qui s’inquiètent des réunions en Suisse, le mouvement rassure : tout accord serait « strictement privé ». En résumé : circulez, il n’y a rien à voir… sauf peut-être tout.
Times.cd