30 jours après le massacre de GOMA, quel est l’apport de la justice ? (déclaration des organisations de défense des droits de l’homme)

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Déclaration lue par Dieudonné Mushagalusa en présence des membres actifs de la société civile en République Démocratique du Congo.

Réunies ce 03 octobre 2023 au siège de la Société Civile Forces vives, les organisations de défense des droits de l’homme, ont cherché à savoir, 30 jours après, quel sort la justice congolaise à réservé aux massacre et tueries qui ont eu lieu à Goma en date du 30 aout 2023. Apres analyse et échanges, rendent publique la présente déclaration.

I. En effet, la ville de Goma dans la province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo avait vécu l’horreur absolue dans la nuit du 30 août 2023, où l’unité spéciale de la brigade spéciale de la garde républicaine chargée uniquement de la protection du Président de la République qui en est le Commandant chargé des opérations conformément à l’Art.10 de la Loi N° 13 – 063 du 17 juin 2013 portant organisation et fonctionnement de la Garde Républicaine en RDC a :

(1). A trois 3h20’, heure de Goma, les militaires de cette brigade lourdement armée ont quitté le Camp Katindo en direction de Nyabushongo faisant l’impression d’une expédition qui allait en guerre contre des ennemis armés ;
(2). A 4h16’, ces militaires ont fait irruption dans l’Église Wazalendo et dans sa chaine radio situées dans le même enclos au motif de contrecarrer une certaine marche pacifique qui aurait lieu pendant la journée. A l’issue de cette irruption inattendue et forcée dans les enceintes de cette église, les fidèles qui y priaient et les journalistes présents à la chaine de Radio avaient été surpris par l’assaut de ces militaires. Contre toute attente, ces derniers ont commencé à tirer à bout portant sur toutes les personnes trouvées sur le lieu (hommes, femmes et enfants) sans aucun autre moyen de défense en dehors de leurs bibles et micros. Cet assaut a pris une vingtaine de minutes, à l’issue duquel l’on a dénombré plus de 50 personnes tuées et 77 blessées par balles.
(3). Quelques minutes après, la chasse aux survivants avait commencé et plus de 21 personnes ont été tuées et 55 autres blessées par balle ;

(4). Autour de 6h30’, ces militaires avaient procédé aux arrestations arbitraires de toutes les personnes trouvées dans les environs au motif de faire partie de ce groupe dit « Wazalendo ». Dans cette opération, plus de 17 personnes avaient trouvé la mort et une vingtaine autre blessée ; sans compter les biens matériels, argent et bétails emportés par ces militaires. Il sied de signaler que d’autres blessés emmenés dans des institutions sanitaires de la place ont succombé de leurs blessures ;

(5). Aux environs de 7h00 du matin, des camions militaires sont arrivés et ont fait la ronde dans le quartier pour transporter les corps sans vie amassés et chargés par les mêmes militaires pour des motifs non élucidés ;

(6). En réaction à ce crime, le Gouverneur Militaire de la province du Nord-Kivu avait fait un communiqué officiel défendant les forces armées d’avoir agi avec professionnalisme ;
(7). Par la suite, il se rebiffa par l’une de ses communications à la Télévision officielle de Goma, de suite de la clameur publique et au regard de la véracité des faits et finit par reconnaître un bilan provisoire de 46 morts et 155 personnes civiles arrêtées ;

(8). Dans ses différentes sorties médiatiques, il avait déclaré : « J’ai ordonné à l’armée d’intervenir pour stopper ces manifestants qui se dirigeaient dangereusement vers la MONUSCO et les forces de l’EAC. Ils voulaient tués les blancs … ».

II. Vu la gravite des crimes commis par la Garde Républicaine à Goma dans la province du Nord Kivu contre les paisibles fidèles de l’église WAZALENDO et prenant en compte la déclaration du Chef de l’Etat, S.E Felix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, en date du 25 juin 2023 lors de la messe jubilaire du Mgr Bernard KASANDA, Evêque du Diocèse de Mbujimayi dans le Kasai Oriental, nous citons ; « je m’attaquerai sans hésitation, sans remords à tout congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays, peu importe ce que l’on dira ; violation des droits de l’homme, privation de liberté… » ;

III. Considérant qu’à ce jour, il y a aucune avance judiciaire dans le traitement de ce dossier , les Organisations de la Société Civile dans le rôle légendaire qu’elles ont joué dans la création de la Cour Pénale Internationale d’une part, et d’autre part, étant dans l’obligation de soumettre les informations concernant les crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale (CPI), les signataires de la présente déclaration sollicitent l’implication de la Cour Pénale Internationale pour l’ouverture des enquêtes afin que les auteurs présumés ne puissent échapper à la justice mais aussi et surtout c’est une manière pour cette juridiction Internationale de contribuer à la lutte contre l’impunité des crimes graves commis dans notre pays ;
Eu égard à ce qui précède et en vertu des articles 8,15, 17 et 28 du statut de Rome, les organisations signataires de la présente restent convaincues de la disponibilité de la CPI à s’impliquer rapidement dans ce dossier afin que cessent les massacres et tueries dans notre cher et beau pays, la République Démocratique du Congo.

Kasvlois muykas

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