RDC: Tout savoir sur les propos de Kabund devant les juges

La première audience du procès du député national et candidat déclaré à la présidentielle, Jean-Marc Kabund, s’est déroulée ce lundi à la Cour de cassation.

L’ancien premier vice-président du bureau de l’Assemblée nationale est poursuivi pour avoir tenu, au cours d’un point de presse, des propos qualifiés d’injurieux, de nature à alarmer la population et à porter atteinte à l’honneur dû aux institutions publiques et à la dignité du Chef de l’Etat.

A cela s’ajoute l’outrage envers le Parlement, le Gouvernement, la République et propagation des faux bruits.

Au cours de l’audience de ce lundi, il a notamment expliqué l’une des phrases fortes qu’il avait prononcées lors de cette conférence de presse. Il avait déclaré que Félix Tshisekedi devrait être considéré « comme un danger au sommet de l’État » et avait appelé à la venue d’un nouvel ordre politique incarné par son parti politique « Alliance pour le changement».

Devant les juges et le ministère public, il a expliqué le sens de ses propos :

« J’ai demandé au peuple de tout mettre en œuvre pour que M. Tshisekedi soit écarté lors des prochaines élections car je considère que le pays court un grand danger sous sa direction. Ce danger, c’est la misère du peuple. C’est également l’insécurité persistante dans l’Est du pays, le banditisme urbain et les enlèvements. Le danger réside dans l’absence d’un projet social cohérent, et l’absence d’un programme clair au sommet de l’État. Tout semble être décidé par essai-erreur ».

Selon lui, ses propos doivent être considérés comme ceux d’un candidat et non comme ceux d’un citoyen lambda.

« Je me suis exprimé en tant que candidat à la présidence de la République, en tant que président d’un parti politique de l’opposition et en tant que député national. Ce que j’ai dit à l’encontre de Monsieur Tshisekedi, Étienne Tshisekedi l’avait dit auparavant à l’encontre de Mobutu et de Kabila. Tshisekedi a même qualifié Mobutu de fou, mais il n’a pas été arrêté pour cela ».

Au cours de la même audience, il a accusé le pouvoir de Félix Tshisekedi d’agir plus brutalement que les régimes précédents.

« Mon épouse a été arrêtée et condamnée pour des actes que j’ai commis. Vous pouvez voir l’ampleur que cette affaire prend. Maman Marthe n’avait jamais été arrêtée par Mobutu, et l’actuelle première dame n’a jamais été arrêtée par Kabila. Kabila n’avait jamais arrêté ma femme ».

Jean-Marc Kabund a été ramené à la prison centrale de Makala à la fin de la séance. La prochaine audience est prévue le lundi 14 août 2023. Elle visera à conclure l’instruction en profondeur et à ouvrir la voie aux plaidoiries du ministère public. Celui-ci développera et soutiendra les chefs d’accusation.

Barca Horly Fibilulu

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