Lualaba : Achille Muteteke, le gardien des finances dans l’ombre des grands chantiers de Fifi Masuka
Entre mobilisation des recettes, discipline budgétaire et investissements publics, le ministre provincial des Finances est présenté comme l’un des rouages de la politique de transformation engagée sous la conduite de la gouverneure Fifi Masuka Saïni.
Au Lualaba, les débats sur la gestion de la province ne manquent pas. Entre critiques de l’opposition, interrogations sur les finances publiques et défense du bilan de l’exécutif provincial, chacun semble avoir son propre tableau de bord. Mais au-delà des déclarations, une question mérite d’être posée : comment transformer la richesse minière d’une province en routes praticables, bâtiments publics, hôpitaux et autres infrastructures utiles à la population ?
Dans l’entourage de la gouverneure Fifi Masuka Saïni, une réponse revient régulièrement : la mobilisation des ressources locales et une gestion financière plus rigoureuse. Dans ce dispositif, le ministre provincial des Finances, Achille Muteteke Luwale, occupe une place stratégique.
L’homme n’est certes pas celui que l’on aperçoit systématiquement devant les grues, les engins de chantier ou les rubans inauguraux. Son terrain de prédilection se trouve plutôt du côté des chiffres, des recettes, des mécanismes de perception et des arbitrages budgétaires. Un travail moins photogénique que celui des bâtisseurs, mais dont dépend largement la réalisation des projets publics.
En octobre 2025, Achille Muteteke a notamment présenté à l’Assemblée provinciale deux projets d’édits visant à encadrer davantage la perception des impôts et des recettes non fiscales. L’ambition affichée était de renforcer les ressources propres de la province et de moderniser les instruments de mobilisation financière. Une démarche qui place la question des recettes au cœur du financement du développement provincial.
Car au Lualaba, la richesse du sous-sol ne suffit pas à construire une route. Encore faut-il que les ressources publiques soient effectivement mobilisées, correctement affectées et suivies. C’est précisément sur ce terrain que la gestion financière revendiquée par l’équipe provinciale entend faire la différence.
Sous la supervision de Fifi Masuka Saïni, cette politique accompagne un programme d’investissements qui touche plusieurs secteurs. Les chantiers routiers, les ouvrages de franchissement, les bâtiments administratifs, les établissements scolaires et les infrastructures sanitaires témoignent de cette volonté de modifier progressivement le visage de la province.
À Kolwezi, l’échangeur et les aménagements routiers figurent parmi les projets emblématiques. Le nouveau bâtiment administratif provincial, les infrastructures de formation, les équipements sanitaires et les projets de logements sociaux s’inscrivent également dans cette dynamique. En juin 2025, la Première ministre Judith Suminwa avait d’ailleurs visité plusieurs de ces ouvrages, notamment le bâtiment administratif, l’échangeur et l’aéroport international du Lualaba.
Il faut donc reconnaître que, dans cette mécanique institutionnelle, les infrastructures ne sortent pas simplement du sol par enchantement. Derrière chaque ouvrage, il y a des études, des marchés, des financements, des contrôles et des responsabilités. Le ministre des Finances intervient dans cette chaîne à travers ses attributions budgétaires et financières.
Achille Muteteke apparaît ainsi comme un collaborateur appelé à traduire en mécanismes financiers les ambitions de l’exécutif provincial. Sa proximité institutionnelle avec la gouverneure s’inscrit dans une logique de continuité de l’action gouvernementale. Une collaboration que ses soutiens présentent comme un facteur de stabilité dans la conduite des finances provinciales.
Toutefois, la rigueur financière ne devrait pas être seulement un slogan administratif. Elle se mesure aussi à la transparence des recettes, à la qualité des dépenses, à la traçabilité des marchés et, surtout, aux résultats ressentis par les citoyens. Car le véritable juge de paix d’une politique financière reste le contribuable, qui attend de voir les ressources publiques se transformer en services et en infrastructures accessibles.
La gouverneure Fifi Masuka Saïni porte politiquement cette ambition de transformation, tandis que son ministre des Finances est appelé à en sécuriser les ressorts financiers. Dans cette répartition des rôles, Achille Muteteke semble avoir choisi son poste de combat : les finances plutôt que les projecteurs.
Au Lualaba, les critiques ne disparaîtront probablement pas avec l’inauguration d’un nouvel ouvrage. La gestion publique demeure un exercice de redevabilité permanente. Mais une chose est certaine : une province minière ne peut durablement prétendre au développement sans une administration financière capable de mobiliser ses ressources et de les orienter vers les priorités collectives.
Au bout du compte, les routes se construisent avec du béton, les hôpitaux avec des équipements et les bâtiments avec des matériaux. Mais en amont, il faut aussi des finances organisées. Et c’est précisément dans cette équation que se joue une partie du rôle d’Achille Muteteke Luwale, sous la conduite de Fifi Masuka Saïni.
Francis Luende