Kinshasa : à Gombe, la “République des étalages” renversée par la générale des trottoirs, Mimi Bikela
À Gombe, il ne manquait plus qu’un hymne et un drapeau pour officialiser ce que beaucoup appelaient déjà “l’État libre des étalages”. Sur les avenues TSF et Colonel Ebeya, tomates, poissons salés et friperies cohabitaient dans une parfaite anarchie démocratique, où le suffrage universel se mesurait… au nombre de clients coincés dans les embouteillages.
Mais ce lundi 13 avril 2026, coup de tonnerre : la commandante spéciale, Mimi Bikela, cheffe redoutée de la BSPE/BESK, a lancé une opération que certains témoins décrivent déjà comme “la chute du mur… des parasols”.

Accompagnée de brigadiers visiblement peu sensibles aux négociations à base de “maman, tika kaka”, elle a méthodiquement démantelé ce qui ressemblait de plus en plus à un supermarché à ciel ouvert, version chaos urbain.
Les vendeurs, surpris en pleine “réunion économique informelle”, ont tenté diverses stratégies de résistance :
« Chef, ezali malembe malembe ! »
« C’est juste pour aujourd’hui ! »
« On attendait la pluie pour partir ! »
Sans succès.
Les étalages ont été repliés à une vitesse rarement observée, même lors des descentes de pluie tropicale.
Pendant ce temps, non loin de là, l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication respirait enfin. Selon certaines sources (non vérifiées mais très soulagées), les étudiants auraient redécouvert… l’existence des trottoirs.
Face à la presse, Mimi Bikela, visiblement en mode “tolérance zéro”, a rappelé une vérité qui semble encore choquer certains :
“La chaussée n’est pas un marché.”
Une déclaration qui, selon des analystes, pourrait entrer dans les annales des phrases les plus controversées de Kinshasa, juste derrière “respectez le code de la route”.
Dans la foulée, l’opération s’est étendue jusqu’au croisement Colonel Ebeya Huileries, où un « mini Koweït » clandestin vendait du carburant en pleine rue. Là encore, fin de la fête : bidons dispersés, activité stoppée, et rêve pétrolier envolé.

Côté propreté, des camions ont évacué des tonnes de déchets, mettant fin à une cohabitation historique entre humains, moustiques et odeurs indéfinissables.
Mais tout n’est pas rose dans cette reconquête urbaine. Sur les réseaux sociaux, une vidéo virale accuse certains brigadiers de « disparitions mystérieuses » d’objets. Mimi Bikela, fidèle à son style direct, a rejeté ces accusations, défendant ses troupes comme « des soldats de l’ordre, pas des collectionneurs d’étalages ».
Derrière cette opération coup de poing, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki poursuit son rêve : une capitale où les caniveaux servent à évacuer l’eau, et non à stocker des sachets plastiques.
Reste maintenant à savoir combien de temps durera cette accalmie. À Kinshasa, comme le dit un proverbe non homologué :
« Là où un marché disparaît le matin… un autre s’organise l’après-midi. »
Francis Luende
« Le bruit du silence »