RDC : conformément à vision de Chef de l’État, Jean-pierre Lihau veut mettre de l’ordre dans la politique salariale de l’État

Entre disparités de rémunération, grades difficilement comparables et ajustements successifs, le gouvernement veut passer des corrections ponctuelles à une politique salariale structurée. Une réforme ambitieuse qui devra toutefois dépasser le stade des concertations pour se traduire dans les fiches de paie.

La République démocratique du Congo s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre dans la gestion des rémunérations de ses agents publics. Le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a apporté des précisions sur les enjeux de la commission paritaire Gouvernement-Banc syndical, mise en place pour examiner le projet de politique salariale du pays.

Au menu de ces échanges : les recommandations du Fonds monétaire international (FMI), les observations de la Banque mondiale et les propositions des partenaires sociaux. Autant de contributions que le gouvernement entend intégrer avant de soumettre le texte final au Conseil des ministres.

Pour Jean-Pierre Lihau, cette concertation ne constitue pas une simple formalité administrative. Elle doit permettre aux syndicats de faire entendre leurs observations, de proposer des amendements et de contribuer à la consolidation d’un document appelé à encadrer durablement les rémunérations publiques.

Le ministre reconnaît ainsi, en filigrane, les limites d’un système qui a longtemps fonctionné sans véritable politique salariale globale. En RDC, les différences de traitement entre administrations, les écarts entre Kinshasa et les provinces ainsi que les disparités entre catégories d’agents ont progressivement installé un sentiment d’inégalité au sein de la fonction publique.

Cette fois, le gouvernement de Judith Suminwa, dans le cadre de la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi, entend s’attaquer au problème à la racine. L’ambition affichée est de substituer aux ajustements successifs une architecture salariale cohérente, fondée sur le grade, le statut et les responsabilités de chaque agent.

Jean-Pierre Lihau tient d’ailleurs à lever une éventuelle confusion : la politique salariale ne se résume pas à distribuer des augmentations. Il s’agit plutôt de revoir les mécanismes de rémunération, de corriger les incohérences et de réduire les écarts difficilement justifiables entre les différentes administrations.

La réforme prévoit également une meilleure correspondance des grades entre les régimes civil et militaire. Un chantier qui n’est pas sans complexité, tant les structures et les statuts des agents concernés obéissent à des logiques différentes.

Le vice-Premier ministre entend ainsi rompre avec les solutions fragmentaires qui, au fil des années, ont souvent apporté des réponses partielles sans régler le problème de fond. Car dans une administration où les revendications salariales reviennent régulièrement, les promesses de rééquilibrage ne suffisent plus à calmer les attentes.

Il reste désormais à transformer cette volonté de rationalisation en mécanismes concrets, compréhensibles et applicables à l’ensemble des services publics.

Jean-Pierre Lihau insiste, par ailleurs, sur le caractère technique de la commission paritaire. Loin de vouloir créer un forum supplémentaire, celle-ci doit servir à rapprocher les positions du gouvernement et des syndicats, puis à harmoniser les amendements issus des discussions avec les partenaires multilatéraux et sociaux.

Au terme de ce processus, le projet final sera présenté au Conseil des ministres par le vice-Premier ministre, en collaboration avec les ministres du Budget et des Finances.

Une réforme attendue, mais jugée sur ses résultats

Sur le papier, la réforme promet davantage d’équité, de transparence et de cohérence dans le traitement des agents de l’État. Mais dans les couloirs de l’administration publique, les attentes se mesurent moins aux déclarations qu’aux montants effectivement perçus à la fin du mois.

Pour le gouvernement, le défi sera donc double : construire un système salarial juste et trouver les moyens budgétaires de le faire vivre. Car une politique salariale bien rédigée peut satisfaire les techniciens et les partenaires internationaux ; seule son application convaincra véritablement les agents publics.

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