Ressources hydrauliques et électricité: Molendo Sakombi dresse le bilan d’une année d’action

Douze mois après sa prise de fonctions à la tête du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi présente un premier bilan de son action. Dans une tribune intitulée « Une année pour poser les fondations », le ministre revient sur les réformes engagées dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, deux domaines considérés comme essentiels au développement de la République démocratique du Congo.
Le constat de départ reste paradoxal.

La RDC dispose d’immenses ressources naturelles, avec près de la moitié des réserves d’eau douce du continent africain et un potentiel hydroélectrique estimé à environ 167 000 mégawatts. Pourtant, l’accès aux services de base demeure faible. En 2025, le taux national d’accès à l’électricité était évalué à 21,5 %, tandis que l’accès à l’eau potable reste insuffisant pour une grande partie de la population.

Face à ce contraste, Aimé Molendo Sakombi entend placer l’eau et l’électricité au cœur de la stratégie de développement du pays. Pour le ministre, ces deux secteurs ne doivent plus être considérés comme de simples services de consommation, mais comme des infrastructures indispensables au progrès social, sanitaire et économique.

Dans le secteur de l’eau, priorité à la structuration

Au cours de cette première année, le ministère affirme avoir accordé une attention particulière à la réorganisation du secteur de l’eau, parallèlement au lancement de plusieurs projets visant à améliorer l’approvisionnement des populations.

Une avancée institutionnelle importante est intervenue le 26 décembre 2025, avec l’adoption par le Gouvernement de la Politique nationale du service public de l’eau. Cette réforme vise notamment à clarifier les responsabilités des différents intervenants et à améliorer l’organisation du service public de l’eau à travers le territoire national.

Dans les provinces, les procédures relatives aux systèmes d’adduction d’eau de Kananga et de Tshikapa ont été lancées. Le processus de création des Régies provinciales du service public de l’eau est également engagé, avec l’ambition de rapprocher la gestion du secteur des réalités locales.

La question de la tarification demeure, elle aussi, au centre des préoccupations. Le ministre défend une politique tarifaire destinée à préserver l’équilibre financier de l’entreprise publique tout en évitant de faire peser une charge excessive sur les ménages les plus vulnérables.
L’électricité, un déficit qui reste préoccupant
Dans le secteur de l’électricité, le ministère met en avant une progression du taux national d’accès, passé de 9 % en 2018 à 21,5 % en 2025. Malgré cette évolution, le chemin reste encore long pour parvenir à une couverture énergétique beaucoup plus large de la population.

La situation est particulièrement préoccupante dans le Grand Katanga. Le Lualaba et le Haut-Katanga font face à un déficit énergétique estimé à plus de 2 000 MW. Des missions d’évaluation et d’intervention ont ainsi été menées afin d’identifier les besoins prioritaires et les réponses à apporter à cette crise énergétique qui affecte notamment les activités économiques et industrielles.

À Kinshasa, le ministère a également engagé, avec la Société nationale d’électricité (SNEL), un plan d’urgence évalué à 91,89 millions de dollars américains. Le programme prévoit notamment le raccordement de certaines zones encore privées d’électricité, la réhabilitation du réseau moyenne tension ainsi que la sécurisation de sites stratégiques, notamment les établissements hospitaliers.

La transformation numérique au service des usagers

Au-delà des infrastructures, la réforme portée par le ministère s’étend aux méthodes de gestion des entreprises publiques du secteur, notamment la SNEL et la REGIDESO.

La numérisation du traitement des plaintes, le relevé des compteurs à partir de photographies et la cartographie numérique des abonnés font partie des outils mis en avant pour améliorer le contrôle des services, renforcer la traçabilité et faciliter les relations entre les entreprises publiques et leurs clients.
Ces innovations s’inscrivent notamment dans le programme B-READY de la Banque mondiale ainsi que dans la Stratégie nationale de transformation numérique.

Des fondations encore à consolider

Après une année d’exercice, Aimé Molendo Sakombi présente donc son action comme une phase de fondation et de restructuration. Les réformes institutionnelles, les projets d’infrastructures et la digitalisation constituent les principaux axes de cette première étape.

Mais les chiffres rappellent l’ampleur du défi. Malgré son potentiel exceptionnel en eau et en énergie, la RDC reste confrontée à un accès insuffisant aux services essentiels. L’enjeu pour les prochaines années sera donc de transformer les réformes engagées en résultats concrets pour les populations, particulièrement dans les zones encore faiblement desservies.

Pour le ministère, cette première année aura ainsi permis de poser les bases d’une transformation plus profonde. Reste désormais à démontrer que ces fondations pourront déboucher sur un accès plus équitable, plus fiable et plus durable à l’eau potable et à l’électricité pour l’ensemble des Congolais.

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