Reforme Budgetaire : le Vice-ministre, Élysé Bokumwana évalue les travaux des conférences de performances, une étape décisive pour le pays
La République Démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la transformation de sa gouvernance budgétaire. À moins de dix-huit mois de l’entrée en vigueur du budget-programme, prévue le 1er janvier 2028, le Gouvernement intensifie les préparatifs du Projet de Loi de Finances (PLF) 2027 à travers les Conférences de Performance, un mécanisme stratégique destiné à renforcer la qualité de la programmation budgétaire et à ancrer durablement la culture de la performance au sein de l’administration publique.
Le 13 juillet 2026, cette phase déterminante de la réforme a été officiellement lancée au Centre financier de Kinshasa par Son Excellence Adolphe Muzito Fumutshi, Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget. Devant les représentants des ministères, des Budgets annexes et des Comptes d’affectation spéciale, il a souligné que ces conférences constituent la dernière étape technique avant l’élaboration du premier Projet de Loi de Finances appelé à répondre pleinement aux exigences du budget-programme. Il a invité l’ensemble des administrations publiques à faire de cet exercice un moment d’appropriation de la réforme, en privilégiant la qualité des politiques publiques, la responsabilité des gestionnaires et la recherche de résultats mesurables.

Dans le prolongement de ce lancement officiel, le Vice-Ministre du Budget, Son Excellence Élysé BOKUMWANA, a effectué une tournée dans les dix commissions spécialisées chargées d’accompagner les ministères dans la finalisation de leurs Projets Annuels de Performance (PAP).
Introduit dans chacune des commissions par le Directeur Général du Développement et du Suivi des Performances (DGDSP), le Vice-Ministre Élysé BOKUMWANA a échangé avec les experts, évalué l’état d’avancement des travaux et recueilli les principales préoccupations des équipes techniques. Cette visite traduit la volonté du Gouvernement d’assurer un suivi permanent de la réforme et de garantir que les orientations arrêtées au niveau politique soient effectivement traduites dans les documents de programmation budgétaire.
UNE RÉFORME QUI TRANSFORME LA GOUVERNANCE PUBLIQUE
Le budget-programme constitue l’une des réformes institutionnelles les plus importantes engagées depuis l’adoption de la Loi relative aux finances publiques (LOFIP). En substituant progressivement une logique de résultats à la traditionnelle logique de moyens, il ambitionne de renforcer l’efficacité de la dépense publique, la transparence de l’action gouvernementale et la redevabilité des gestionnaires publics.
Depuis le 14 juillet, les dix commissions spécialisées examinent les stratégies sectorielles, les maquettes programmatiques, les cadres de performance, les objectifs et les indicateurs des programmes, ainsi que les principaux outils de programmation budgétaire, notamment les Plans de Travail Annuels (PTA), les Plans de Travail Budgétaire Annuels (PTBA), les Plans de Passation des Marchés (PPM) et les tableaux d’évolution des crédits.
UN BILAN À MI-PARCOURS PORTEUR D’ENCOURAGEMENTS
Le rapport à mi-parcours présenté au Vice-Ministre fait apparaître une évolution globalement satisfaisante des travaux. La quasi-totalité des ministères programmés durant la première semaine ont été reçus par les commissions.
Les experts constatent une nette amélioration de la qualité des Projets Annuels de Performance par rapport aux exercices antérieurs, une meilleure maîtrise du canevas-type issu de la Revue Qualité de la mission de AFRITAC- Centre et FMI ainsi qu’une appropriation croissante des principes de la Gestion Axée sur les Résultats.
Le climat de travail, marqué par un dialogue technique ouvert et constructif entre les experts du ministère du Budget et les équipes sectorielles, a permis d’améliorer sensiblement les documents soumis avant leur validation.
CONSOLIDER LES ACQUIS AVANT LA SECONDE PHASE
Le rapport à mi-parcours met néanmoins en évidence plusieurs défis qui devront être relevés avant la clôture des Conférences de Performance.
Les commissions recommandent notamment de consolider les stratégies sectorielles, d’améliorer la cohérence entre les politiques publiques nationales et les programmes budgétaires, de reformuler quelques objectifs et indicateurs de performance, ainsi que de finaliser les documents techniques encore incomplets.
L’absence récurrente des Secrétaires généraux constitue également un facteur limitant, certaines décisions stratégiques ne pouvant être arrêtées en leur absence. Quelques situations particulières appelleront un suivi spécifique, notamment la reprogrammation du Ministère de la Santé publique, les ajustements de la maquette programmatique du Ministère du Portefeuille, la participation partielle du ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction (ITPR) ainsi que la poursuite des travaux avec les ministères des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale.
UNE RÉFORME SUIVIE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT
Au terme de sa tournée, le Vice-Ministre Élysé BOKUMWANA a salué l’engagement des Chefs des Chefs d’équipe et des experts, tout en les invitant à maintenir le même niveau d’exigence jusqu’à la validation définitive des Projets Annuels de Performance.
Il a rappelé que la qualité des PAP déterminera celle du Projet de Loi de Finances 2027 et conditionnera, dans une large mesure, la réussite du basculement vers le budget-programme. Ce changement de paradigme vise à renforcer la transparence de la gestion publique, l’efficacité de la dépense et la redevabilité des administrations publiques au bénéfice des citoyens.
Cette réforme s’inscrit dans la vision de Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’État. Elle est mise en œuvre par le Gouvernement conduit par Son Excellence Madame Judith SUMINWA TULUKA, Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, et pilotée, pour son volet budgétaire, par Son Excellence Adolphe Muzito Fumutshi, Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget.
LA DERNIÈRE LIGNE DROITE AVANT 2028
À mi-parcours, les Conférences de Performance confirment que l’administration publique congolaise progresse dans l’appropriation des standards internationaux de gestion axée sur les résultats. Plus qu’un simple exercice de préparation budgétaire, elles constituent un laboratoire de modernisation de l’État, où se construit progressivement une administration davantage orientée vers la performance, la transparence et l’évaluation des politiques publiques.
À l’approche de l’échéance du 1er janvier 2028, ces travaux apparaissent comme l’un des piliers de la modernisation des finances publiques de la République Démocratique du Congo et de la consolidation d’une gouvernance budgétaire capable d’accompagner durablement les ambitions de développement économique et social du pays.