RDC : Prof Jean-Marie Kanda plaide pour une gouvernance plus performante afin d’accélérer la transformation du secteur minier
À l’occasion de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, organisée du 17 au 19 juin dans la capitale cuprifère du pays, les autorités congolaises ont réaffirmé leur volonté de faire de la République démocratique du Congo une destination de choix pour les investisseurs.
Au cœur des échanges, la question de la gouvernance et de l’amélioration du climat des affaires a occupé une place centrale.
Intervenant lors d’un panel consacré à l’attractivité économique de la RDC, organisé par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), le Conseiller principal du Chef de l’État au collège Mines, Énergie et Hydrocarbures, l’ingénieur Jean-Marie Kanda, a présenté la vision portée par les plus hautes autorités du pays pour stimuler les investissements et accélérer la transformation économique.
Fort de plus de vingt ans d’expérience dans l’industrie minière, le spécialiste a recouru à une image parlante pour illustrer son propos. Selon lui, si le secteur minier constitue effectivement le moteur du développement national, il a besoin d’un véritable accélérateur pour produire tous ses effets sur l’économie.
« Sans accélérateur, un véhicule doté d’un moteur reste incapable d’adapter sa vitesse aux réalités de la route. Dans notre contexte, cet accélérateur repose avant tout sur la qualité de la gouvernance », a-t-il expliqué devant un auditoire composé de décideurs publics, d’investisseurs et de représentants du secteur privé.
Trois priorités pour renforcer la confiance
Dans son intervention, Jean-Marie Kanda a mis en avant trois axes jugés essentiels pour renforcer la compétitivité de la RDC : l’amélioration de la gouvernance publique, le renforcement de la transparence et une meilleure lisibilité du cadre fiscal.
Pour le conseiller présidentiel, ces réformes constituent des préalables indispensables à l’attraction de nouveaux capitaux et à la diversification du secteur minier congolais. Elles doivent également permettre d’offrir aux investisseurs une visibilité accrue sur les règles du jeu économique.
L’un des éléments mis en avant concerne le dialogue permanent instauré entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques. Ce mécanisme, soutenu au plus haut niveau de l’État, vise à créer un environnement propice aux échanges et à la résolution concertée des préoccupations du secteur privé.
« Les opérateurs disposent aujourd’hui d’un cadre permanent de dialogue impulsé au niveau de la Présidence. Cette démarche contribue à consolider la confiance des investisseurs et à renforcer la stabilité du climat des affaires », a souligné Jean-Marie Kanda.
Vers un suivi plus rapproché des réformes minières
Le conseiller du Chef de l’État a également évoqué plusieurs ajustements institutionnels destinés à améliorer l’efficacité de l’action publique. Parmi eux figure le projet de rattachement de l’Inspection générale des mines à la Présidence de la République, suivant une logique similaire à celle appliquée à l’Inspection générale des finances (IGF).
Cette évolution devrait permettre un meilleur suivi des réformes engagées et offrir au Président de la République une vision plus globale des défis et opportunités liés au secteur extractif, pilier de l’économie nationale.
De l’extraction à la transformation locale
Au-delà des questions de gouvernance, Jean-Marie Kanda a rappelé l’ambition stratégique de la RDC de dépasser son statut traditionnel de pays exportateur de matières premières pour devenir un acteur majeur de la transformation locale des ressources minières.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique de création de valeur ajoutée, de développement industriel et de génération d’emplois qualifiés. Pour y parvenir, a-t-il insisté, la stabilité réglementaire et la prévisibilité de l’environnement des affaires demeurent des facteurs déterminants.
« La RDC, au-delà d’être un pays extractif, doit devenir un pays qui prône la transformation locale », a-t-il affirmé.
Une vision partagée par les acteurs du secteur
Réunissant plusieurs figures clés du secteur minier et économique, notamment le président de la Chambre des mines, Kasongo Bin Nassor, la directrice générale de l’ANAPI ainsi que des responsables de la DGDA, de la DGRAD et du Cadastre minier (CAMI), ce panel a permis de mettre en lumière les efforts entrepris pour renforcer la compétitivité du pays.
À travers ces réformes, les autorités congolaises entendent faire du secteur minier non seulement un moteur de croissance, mais également un levier de transformation économique durable, capable de soutenir l’industrialisation du pays et de renforcer son attractivité sur la scène internationale.
Francis Luende