20 ans après : « la Constitution ne développe pas un pays », affirme Jean Mbuyu
À l’occasion 20 ans de la Constitution du 18 février 2006, un colloque scientifique s’est tenu ce jeudi 18 février au Palais du Peuple, à l’initiative du professeur André Mbata, secrétaire de l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique, en partenariat avec la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa.
Parmi ses invités, le professeur Jean MBUYU Luyongola, ancien conseiller spécial en matière de sécurité de l’ex-président Joseph Kabila, a livré une réflexion lors d’une interview à Times.cd, qui relance le débat sur la portée réelle de la loi fondamentale en République démocratique du Congo.

Selon lui, la Constitution ne constitue pas en soi un moteur de développement.
« La Constitution ne développe pas un pays. Il existe même des pays qui ne disposent pas d’une Constitution formalisée et qui prospèrent », a-t-il déclaré. Il estime que la loi fondamentale est avant tout un instrument de cohésion sociale, destiné à organiser les institutions, stabiliser l’État et garantir la paix sociale.
20 après son adoption, la Constitution continue de susciter des divergences au sein de la classe politique congolaise. Certains responsables estiment qu’elle devrait être révisée pour mieux s’adapter aux réalités actuelles du pays, tandis que d’autres défendent son maintien et appellent plutôt au respect strict de ses dispositions.
Le professeur Mbuyu a également évoqué les causes profondes, selon lui, des violations répétées des Constitutions en Afrique. Il s’interroge sur la question de savoir qui dirige réellement les États africains, pointant l’influence des puissances occidentales et des pouvoirs financiers internationaux. À ses yeux, tant que la souveraineté réelle ne sera pas pleinement assumée, toute réforme constitutionnelle risque de demeurer formelle.
Vingt ans après la promulgation du texte fondamental, le débat reste ouvert en RDC : faut-il changer la Constitution ou renforcer son application et la gouvernance qui l’accompagne ?
Francis Luende