{"id":8198,"date":"2025-01-29T07:33:02","date_gmt":"2025-01-29T07:33:02","guid":{"rendered":"https:\/\/times.cd\/?p=8198"},"modified":"2025-01-29T08:02:17","modified_gmt":"2025-01-29T08:02:17","slug":"rdc-le-devoir-patriotique-du-journaliste-en-temps-de-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/times.cd\/index.php\/2025\/01\/29\/rdc-le-devoir-patriotique-du-journaliste-en-temps-de-guerre\/","title":{"rendered":"RDC: le devoir patriotique du journaliste congolais en temps de guerre"},"content":{"rendered":"<p>\u00c9DITORIAL DE JEAN-BAPTISTE KABEYA <\/p>\n<p>MBM, 29\/01\/2025<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une nation est confront\u00e9e \u00e0 l&rsquo;agression, le r\u00f4le du journaliste devient plus que celui d&rsquo;un simple relai d&rsquo;informations.<br \/>\nEn R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, face aux rebelles du M23 soutenus par des forces occultes, la mission journalistique s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un imp\u00e9ratif patriotique. <\/p>\n<p>La mission du journaliste dans ce contexte transcende les fronti\u00e8res de la simple neutralit\u00e9.<br \/>\nEn effet, le devoir du patriote qu&rsquo;il est avant d&rsquo;\u00eatre journaliste, devient non seulement \u00e9thique, mais obligatoire.<br \/>\nC&rsquo;est-\u00e0-dire que \u00ab\u00a0Neutralit\u00e9 et objectivit\u00e9 se heurtent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;\u00e9thique nationale doit primer sur l&rsquo;impartialit\u00e9\u00a0\u00bb<br \/>\nVia cette plume, nous nous rappelons certaines notions parfois oubli\u00e9es au regard des agitations actuelles en RDC.<\/p>\n<p>Cet \u00e9ditorial comporte 4 points, outre l&rsquo;introduction et la conclusion.<br \/>\nJe vous prie de le lire enti\u00e8rement et surtout de le partager partout o\u00f9 vous en avez l&rsquo;opportunit\u00e9.<\/p>\n<p>1. L\u2019INT\u00c9GRIT\u00c9 AVANT TOUT<\/p>\n<p>Les journalistes, comme l&rsquo;explique Pierre Bourdieu, mod\u00e8lent le \u00ab\u00a0champ social\u00a0\u00bb.<br \/>\nDans ce contexte de guerre, leur parole peut unir ou diviser. Or, relayer des informations, m\u00eame vraies, qui servent l&rsquo;ennemi, s&rsquo;apparente \u00e0 une trahison. L&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 nationale, non n\u00e9gociable, place les m\u00e9dias au c\u0153ur du combat. En p\u00e9riode de conflit, chaque mot devient une arme, et le discours un champ de bataille. Le journaliste doit ainsi se poser la question importante : \u00e0 qui profite l&rsquo;information ?<br \/>\nC&rsquo;est ici que je pense nous rappeler cette notion que j&rsquo;avais apprise dans le cours de l&rsquo;\u00e9thique Journalistique, en troisi\u00e8me ann\u00e9e de communication appliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 officielle de Mbujimayi ax\u00e9e sur les trois tamis de Socrate.<br \/>\nEn effet, ces trois tamis sont une  m\u00e9thode simple pour une personne, un journaliste d&rsquo;\u00e9valuer l\u2019utilit\u00e9 et la valeur de ce qu\u2019on souhaite dire :<\/p>\n<p>A) Le premier tamis est celui de la v\u00e9rit\u00e9 : Avant de parler, il faut se demander si ce que l\u2019on va dire est vrai. Si ce n&rsquo;est pas v\u00e9rifiable ou bas\u00e9 sur des faits, il vaut mieux se taire.<\/p>\n<p>B) Le deuxi\u00e8me tamis est celui de la bont\u00e9 : M\u00eame si ce que l\u2019on veut dire est vrai, est-ce quelque chose de bienveillant ou positif ? Si c\u2019est m\u00e9chant ou nuisible, mieux vaut ne pas le dire.<\/p>\n<p>C) Enfin le troisi\u00e8me tamis est celui de l\u2019utilit\u00e9 : Il faut se demander si ce qu\u2019on souhaite dire est utile. Si cela n\u2019apporte rien de constructif, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de le dire.<\/p>\n<p>Ces trois tamis permettent de filtrer nos paroles pour \u00e9viter les ragots, la m\u00e9disance ou les propos inutiles.<\/p>\n<p>2. LE PI\u00c8GE DE L&rsquo;INFOL\u00c2TRIE<\/p>\n<p>Michel Foucault nous enseigne que le pouvoir se d\u00e9ploie \u00e0 travers les mots. Diffuser des avanc\u00e9es ennemies sans discernement, c&rsquo;est faire \u00e9cho \u00e0 leur propagande. L\u2019infol\u00e2trie, cet engouement aveugle pour l\u2019information brute, est un pi\u00e8ge. Les journalistes congolais doivent comprendre que tout ne m\u00e9rite pas d&rsquo;\u00eatre rapport\u00e9, surtout quand cela alimente les int\u00e9r\u00eats ext\u00e9rieurs. Comme le disait le panafricaniste Patrice Lumumba : \u00ab\u00a0L&rsquo;histoire du Congo sera \u00e9crite par nous-m\u00eames et non par d&rsquo;autres personnes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>3. LE JOURNALISME, INSTRUMENT DE R\u00c9SILIENCE<\/p>\n<p>David Harvey souligne que les guerres de l&rsquo;information prolongent les conflits g\u00e9opolitiques. Les journalistes doivent alors se positionner en architectes de la r\u00e9silience nationale. Dans cette guerre, nos militaires, les vaillants Wazalendo, se battent avec acharnement pour d\u00e9fendre notre territoire.<br \/>\nPourtant, ces prouesses sont souvent ignor\u00e9es par les m\u00e9dias \u00e9trangers, align\u00e9s sur des int\u00e9r\u00eats de ceux qui exploitent nos ressources.<br \/>\nIl est donc imp\u00e9ratif que les journalistes congolais recadrent m\u00eame leurs lignes \u00e9ditoriales pour soutenir nos h\u00e9ros au front.<\/p>\n<p>4. V\u00c9RIT\u00c9 ET \u00c9THIQUE NATIONALE<\/p>\n<p>Tout propos diffus\u00e9 par un journaliste en temps de guerre doit \u00eatre filtr\u00e9 \u00e0 travers le prisme de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat national. Rapporter les faits sans discernement, c&rsquo;est offrir une victoire morale \u00e0 l&rsquo;ennemi. Cela pousse \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir : est-ce que les journalistes fran\u00e7ais, belges ou am\u00e9ricains relaient les victoires de leurs adversaires ? Nous  journalistes, devons faire preuve d&rsquo;un patriotisme \u00e9clair\u00e9. Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, l&rsquo;a bien rappel\u00e9 dans une vid\u00e9o devenue virale sur la toile : \u00ab\u00a0C\u2019est une question de souverainet\u00e9 nationale, ailleurs tu d\u00e9courages l&rsquo;arm\u00e9e, on te tue.\u00a0\u00bb Relayer des v\u00e9rit\u00e9s qui affaiblissent la nation, m\u00eame avec les meilleures intentions, s&rsquo;apparente \u00e0 une trahison.<\/p>\n<p>5. CONCLUSIONS PATRIOTIQUES<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, le patriotisme n&rsquo;est pas antith\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique journalistique ; il en est la cl\u00e9 en temps de guerre.<br \/>\nLa v\u00e9rit\u00e9 ne doit pas seulement venir des m\u00e9dias \u00e9trangers ; elle doit \u00eatre notre v\u00e9rit\u00e9, celle qui renforce l\u2019unit\u00e9 et la souverainet\u00e9 nationale.<br \/>\nIl est de notre devoir, en tant que journalistes congolais, de pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la patrie par des mots soigneusement pes\u00e9s. Comme le disait Kwame Nkrumah : \u00ab\u00a0Nous devons prouver que l&rsquo;Afrique peut faire confiance \u00e0 elle-m\u00eame.\u00a0\u00bb<br \/>\nLe Congo m\u00e9rite des journalistes qui d\u00e9fendent sa cause, avec d\u00e9termination et courage dans cette p\u00e9riode particuli\u00e8re de son histoire.<\/p>\n<p>Jean-Baptiste KABEYA Kayemba<br \/>\nJournaliste bas\u00e9 \u00e0 Mbujimayi et \u00e9tudiant en Master 1, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Officielle de Mbujimayi.<br \/>\n+243 85 828 67 80<br \/>\nwayakondolocontact@gmail.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9DITORIAL DE JEAN-BAPTISTE KABEYA MBM, 29\/01\/2025 Lorsqu&rsquo;une nation est confront\u00e9e \u00e0 l&rsquo;agression, le r\u00f4le du journaliste devient plus que celui d&rsquo;un simple relai d&rsquo;informations. 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