{"id":12318,"date":"2026-08-27T07:36:30","date_gmt":"2026-08-27T07:36:30","guid":{"rendered":"https:\/\/times.cd\/?p=12318"},"modified":"2026-08-27T07:36:31","modified_gmt":"2026-08-27T07:36:31","slug":"formation-professionnelle-marc-ekila-likombo-defend-une-nouvelle-architecture-du-capital-humain-en-rdc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/times.cd\/index.php\/2026\/08\/27\/formation-professionnelle-marc-ekila-likombo-defend-une-nouvelle-architecture-du-capital-humain-en-rdc\/","title":{"rendered":"Formation professionnelle : Marc Ekila Likombo d\u00e9fend une nouvelle architecture du capital humain en RDC"},"content":{"rendered":"\n<p>Face \u00e0 l\u2019exigence croissante de redevabilit\u00e9 qui accompagne la premi\u00e8re ann\u00e9e du Gouvernement Suminwa II, le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a livr\u00e9 un bilan plac\u00e9 sous le signe de la r\u00e9forme, de la qualification de la main-d\u2019\u0153uvre et de l\u2019insertion des jeunes.<\/p>\n\n\n\n<p>Invit\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de la ministre de la Jeunesse \u00e0 cet exercice gouvernemental, il a expos\u00e9 les principales mesures engag\u00e9es pour faire de la formation professionnelle un instrument \u00e0 part enti\u00e8re de transformation \u00e9conomique et sociale de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"600\" data-id=\"12320\" src=\"https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12320\" srcset=\"https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321.jpg 900w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-300x200.jpg 300w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-768x512.jpg 768w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-345x230.jpg 345w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-770x513.jpg 770w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-370x247.jpg 370w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-440x294.jpg 440w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-570x380.jpg 570w, https:\/\/times.cd\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/FB_IMG_1787814888321-170x113.jpg 170w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>Longtemps rattach\u00e9e au minist\u00e8re de l\u2019Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), la Formation professionnelle s\u2019est progressivement affirm\u00e9e comme un secteur autonome. Pr\u00e8s d\u2019une d\u00e9cennie apr\u00e8s cette \u00e9mancipation institutionnelle, Marc Ekila Likombo entend d\u00e9sormais lui conf\u00e9rer une port\u00e9e strat\u00e9gique : celle de pr\u00e9parer une main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e, imm\u00e9diatement op\u00e9rationnelle et en ad\u00e9quation avec les mutations de l\u2019\u00e9conomie congolaise.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9ficit de comp\u00e9tences, un frein \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour le ministre, la question de la qualification de la main-d\u2019\u0153uvre figure parmi les d\u00e9fis structurels auxquels le pays doit imp\u00e9rativement s\u2019attaquer. Les difficult\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement soulev\u00e9es par les employeurs concernant le niveau de pr\u00e9paration des travailleurs congolais traduisent, selon lui, un d\u00e9calage persistant entre les formations dispens\u00e9es et les comp\u00e9tences effectivement recherch\u00e9es sur le march\u00e9 du travail.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour r\u00e9duire cette fracture que le minist\u00e8re s\u2019est dot\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, d\u2019une Politique nationale de formation professionnelle couvrant dix ann\u00e9es. Ce cadre strat\u00e9gique se veut une v\u00e9ritable boussole pour le secteur, avec pour ambition d\u2019assurer une meilleure planification des formations et leur articulation avec les besoins r\u00e9els de l\u2019\u00e9conomie nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif affich\u00e9 est clair : rompre avec une formation professionnelle con\u00e7ue en vase clos et l\u2019inscrire dans une logique d\u2019anticipation des besoins en comp\u00e9tences.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab 145 territoires de la formation professionnelle \u00bb <\/strong><br>rapprocher l\u2019offre des r\u00e9alit\u00e9s locales<br>Parmi les innovations mises en avant figure le document intitul\u00e9 \u00ab 145 territoires de la formation professionnelle \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019initiative repose sur une cartographie des m\u00e9tiers et des comp\u00e9tences \u00e0 promouvoir dans chacun des 145 territoires que compte la RDC.<br>Au-del\u00e0 de sa dimension administrative, cette d\u00e9marche entend r\u00e9pondre \u00e0 une probl\u00e9matique profond\u00e9ment sociale : celle de l\u2019exode des jeunes vers les grandes agglom\u00e9rations \u00e0 la recherche d\u2019opportunit\u00e9s professionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>En rapprochant les dispositifs de formation des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques locales, le gouvernement souhaite cr\u00e9er les conditions permettant aux jeunes de se former, d\u2019entreprendre et, surtout, de travailler dans leurs propres territoires.<br>Cette orientation s\u2019accompagne d\u2019un programme de construction de centres publics de formation professionnelle \u00e0 travers le pays. Si les \u00e9tablissements priv\u00e9s demeurent, aux yeux du ministre, des partenaires incontournables, l\u2019\u00c9tat doit n\u00e9anmoins disposer de ses propres infrastructures pour garantir une offre accessible, r\u00e9gul\u00e9e et adapt\u00e9e aux sp\u00e9cificit\u00e9s de chaque territoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le secteur minier, laboratoire d\u2019une bataille pour les comp\u00e9tences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>La question de la main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e prend une dimension particuli\u00e8re dans le secteur minier, l\u2019un des moteurs de l\u2019\u00e9conomie congolaise. Marc Ekila Likombo d\u00e9plore la faible repr\u00e9sentation des travailleurs congolais dans plusieurs m\u00e9tiers sp\u00e9cialis\u00e9s, alors que des professionnels venus notamment d\u2019Afrique du Sud, du Zimbabwe ou encore d\u2019\u00c9thiopie occupent certains postes techniques.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour inverser cette tendance, le minist\u00e8re multiplie les partenariats avec les acteurs \u00e9conomiques. Le ministre a notamment cit\u00e9 la collaboration avec HP et la commune de Dilala, dans le Lualaba, qui a conduit \u00e0 l\u2019inauguration d\u2019un premier centre public moderne de formation professionnelle dans ce cadre.<br>Parall\u00e8lement, plusieurs centres de formation relevant d\u2019entreprises mini\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s au m\u00e9canisme d\u2019agr\u00e9ment et de suivi du minist\u00e8re. L\u2019enjeu est double : garantir la qualit\u00e9 des formations dispens\u00e9es et permettre \u00e0 l\u2019\u00c9tat de disposer d\u2019une meilleure visibilit\u00e9 sur les comp\u00e9tences d\u00e9velopp\u00e9es au sein de ces structures.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plus de 7 000 d\u00e9pendants de militaires et de policiers form\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>La politique du minist\u00e8re comporte \u00e9galement un volet social. Plus de 7 000 d\u00e9pendants de militaires et de policiers auraient ainsi b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une formation professionnelle.<br>Cette initiative vise \u00e0 renforcer l\u2019autonomie \u00e9conomique des familles de ceux qui, selon les orientations du chef de l\u2019\u00c9tat, concourent \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du pays. \u00c0 travers cette politique, la formation professionnelle se pr\u00e9sente aussi comme un instrument de r\u00e9silience sociale et de soutien aux m\u00e9nages.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De la formation \u00e0 l\u2019accompagnement entrepreneurial<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Autre inflexion majeure : le minist\u00e8re affirme vouloir d\u00e9passer le simple mod\u00e8le de formation en privil\u00e9giant d\u00e9sormais l\u2019accompagnement vers l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<br>Environ 800 jeunes ont d\u00e9j\u00e0 b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un accompagnement dans le cadre du dispositif provisoire associ\u00e9 au futur centre de Mombele.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience constitue, selon Marc Ekila Likombo, l\u2019amorce d\u2019un mod\u00e8le int\u00e9grant plusieurs maillons jusque-l\u00e0 souvent dissoci\u00e9s : apprentissage, insertion professionnelle et accompagnement entrepreneurial.<br>Cette approche traduit une volont\u00e9 de mesurer l\u2019efficacit\u00e9 de la formation non plus seulement \u00e0 l\u2019aune du nombre de personnes form\u00e9es, mais \u00e9galement \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 un emploi ou \u00e0 cr\u00e9er leur propre activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La VAE pour donner une valeur officielle aux savoir-faire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>L\u2019un des chantiers les plus significatifs concerne par ailleurs la valorisation des acquis de l\u2019exp\u00e9rience (VAE). Pour le ministre, la RDC ne manque pas n\u00e9cessairement de comp\u00e9tences ; elle souffre surtout de l\u2019insuffisance des m\u00e9canismes permettant de les reconna\u00eetre officiellement.<\/p>\n\n\n\n<p>La VAE entend pr\u00e9cis\u00e9ment combler cette lacune. Elle offre \u00e0 des personnes ayant acquis un m\u00e9tier par l\u2019exp\u00e9rience, sans n\u00e9cessairement passer par le parcours scolaire ou professionnel classique, la possibilit\u00e9 de faire \u00e9valuer et certifier leurs comp\u00e9tences.<br>Des jurys ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9s avec la participation des organisations patronales, parmi lesquelles la F\u00e9d\u00e9ration des entreprises du Congo (FEC) et l\u2019Association nationale des entreprises du portefeuille (ANEP). Plus de 22 000 personnes se seraient d\u00e9j\u00e0 inscrites dans ce processus.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu est consid\u00e9rable dans un pays o\u00f9 une importante partie des savoir-faire se transmet encore en dehors des circuits formels de formation.<br>Num\u00e9rique, intelligence artificielle et m\u00e9tiers verts : pr\u00e9parer l\u2019\u00e9conomie de demain<br>La r\u00e9forme entend \u00e9galement accompagner l\u2019\u00e9mergence de nouveaux m\u00e9tiers. Le minist\u00e8re pr\u00e9voit ainsi la cr\u00e9ation d\u2019acad\u00e9mies et d\u2019\u00e9coles technologiques consacr\u00e9es notamment au num\u00e9rique, \u00e0 l\u2019intelligence artificielle, \u00e0 l\u2019ing\u00e9nierie, \u00e0 l\u2019informatique, \u00e0 la transition \u00e9cologique et aux m\u00e9tiers verts.<br>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces structures est envisag\u00e9 \u00e0 partir du niveau D6, correspondant au baccalaur\u00e9at.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition est de constituer des fili\u00e8res suffisamment sp\u00e9cialis\u00e9es pour r\u00e9pondre aux exigences d\u2019une \u00e9conomie en pleine mutation technologique et environnementale.<br>\u00c0 Matadi, une premi\u00e8re exp\u00e9rience est d\u00e9j\u00e0 en cours avec un partenaire du secteur portuaire. Une cohorte de plus de 40 jeunes, du niveau G3, y est form\u00e9e aux m\u00e9tiers portuaires et aux activit\u00e9s maritimes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Faire de la comp\u00e9tence un moteur du d\u00e9veloppement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers cette s\u00e9rie de r\u00e9formes et d\u2019initiatives, Marc Ekila Likombo d\u00e9fend une conception renouvel\u00e9e de la formation professionnelle : non plus comme une simple voie parall\u00e8le au syst\u00e8me \u00e9ducatif classique, mais comme un levier strat\u00e9gique de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, d\u2019employabilit\u00e9 et de transformation sociale.<br>La v\u00e9ritable ambition consiste d\u00e9sormais \u00e0 faire \u00e9merger une main-d\u2019\u0153uvre congolaise \u00e0 la fois qualifi\u00e9e, certifi\u00e9e, comp\u00e9titive et en phase avec les besoins du tissu productif national.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un pays o\u00f9 les opportunit\u00e9s \u00e9conomiques demeurent consid\u00e9rables mais o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux comp\u00e9tences sp\u00e9cialis\u00e9es constitue encore un goulot d\u2019\u00e9tranglement, le d\u00e9fi d\u00e9passe donc la seule construction de centres de formation. Il s\u2019agit de b\u00e2tir un \u00e9cosyst\u00e8me capable de relier durablement formation, certification, emploi et entrepreneuriat.<br>C\u2019est \u00e0 cette condition que la formation professionnelle pourra pleinement jouer son r\u00f4le dans la constitution du capital humain dont la RDC a besoin pour transformer ses potentialit\u00e9s \u00e9conomiques en croissance inclusive et durable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Francis Luende<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 l\u2019exigence croissante de redevabilit\u00e9 qui accompagne la premi\u00e8re ann\u00e9e du Gouvernement Suminwa II, le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a livr\u00e9 un bilan plac\u00e9 sous le signe de la r\u00e9forme, de la qualification de la main-d\u2019\u0153uvre et de l\u2019insertion des jeunes. 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