Sankuru : Déchéance de Joseph Mukumadi ou le symbole de la haine contre Lambert Mende (Tribune d’Alfred Mote)

 

(Tribune d’Alfred Mote)

Le soleil s’est levé, la brume a disparu ! Au de-là des tâtonnements politiques austères et des balbutiements égoïstes éphémères, l’éclairci. Le Ouf de soulagement d’une population qui a résisté ; une population du Sankuru qui a refusé d’hypothéquer son avenir sur base des espoirs un peu rouillés et délétères. C’est l’effet que revêt à nos yeux l’initiative courageuse et héroïque de l’Assemblée Provinciale du Sankuru qui a constaté la carence et de fait, la déchéance du gouverneur Joseph Stephane Mukumadi sur base des articles 198, de la
constitution et 23 alinéa 5 et 7, 41, et 42 de la loi n°08/012 du 31
juillet 2018 portant principes fondamentaux relatifs à la libre
administration des Provinces, avec exigence immédiate de formalisation de démission selon le délai de la loi(si seulement il lui reste encore un peu de dignité),au cours de sa plénière du 23 Novembre 2019 dont notification a été réceptionnée par le cabinet de Sieur Mukumadi cinq jours plus tard.

On connait désormais Joseph Mukumadi, cet « Outsider », politique parachuté au sommet de la Province du Sankuru sans en avoir gravi les marches. Ce Congolais et /ou français au sourire enchanteur sans attaches politiques réelles ni expériences avérées a été recruté dans les milieux ambiants de la Diaspora où il excellait en toute innocence dans la Gastronomie et la restauration. Qui lui en voudrait ! Mukumadi dont on n’oubliera pas le seul souvenir d’avoir été Gouverneur, se résumant en à sa visite dans une école de Lusambo où il s’est fait carrément apprendre la grammaire par un enseignant du primaire, a réalisé le deal du siècle, la chance de toute une vie ou le Miracle politique de notre époque :Battre Lambert Mende OMALANGA sur ses terres. On a parlé alors d’un disfonctionnement au sein du Front commun pour le Congo(FCC), famille politique dont le candidat Lambert Mende portait alors les couleurs au sein d’une Assemblée provinciale ou le FCC est encore majoritaire avec 22 députés sur 25. Le constat peut paraitre sévère, il est surtout amer tant ça frise la bourde politique ! La bourde de vouloir flouer la province de Patrice Emery LUMUMBA .La borde pour MUKUMADI d’avoir symbolisé parfois à son insu la haine d’une certaine classe politique Sankuroise contre la personne du député National, Lambert Mende.

Cette erreur de casting entre l’amateurisme et les intérêts divergents des lobbies occultes qui voulaient diriger le Sankuru par procuration n’a pas échappé longtemps à la vigilance mais surtout à la prise de conscience des mêmes députés provinciaux qui, le 29 Juillet 2019 avaient porté Mukumadi à la tête du Sankuru. Quel gâchis ! Tout compte fait, ce n’est ni pour son programme de gouvernance, ni pour ses compétences ou expérience encore moins par la volonté de la base que Mukumadi a été porté à la tête du Sankuru mais au nom d’une vaniteuse logique circonstancielle : « Tout sauf MENDE»! Peut-il venir des quatre vents d’où souffle l’esprit quelqu’un qui oubliera les nombreux pamphlets satiriques de l’octogénaire sénateur Omba Pene Djunga qui, s’adressant aux députés provinciaux du Sankuru à la veille de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs lança : « Allez, tuez l’ennemi et ramenez-nous la victoire». C’est tout sauf de la campagne électorale ça !Suivez mon regard !Qui n’a pas su lire dans le jeux sournois de certains membres du FCC/Sankuru qui continuaient à narguer le bureau politique et la conférence des présidents du FCC en manipulant les députés provinciaux jusqu’à trahir leur loyauté face à Joseph Kabila, autorité morale de cette famille politique !Qui oubliera ce fameux avion affrété expressément depuis Kinshasa et porteur du butin de la corruption qui, en ce jour ensoleillé du 29 Juillet 2019, retarda de trois heures le déroulement de l’élection des gouverneurs et vice gouverneurs du Sankuru à Lusambo parce que les députés provinciaux refusèrent de signer le pacte avec le diable sans avoir au préalable les poches pleines. Cette déclinaison non encore exhaustive gêne au plus haut point pas moins qu’elle ne témoigne l’agonie du « Sur place »de tout un peuple! Tout ça pour ça !

Au moment où nous finissons cette esquisse, Monsieur Mukumadi à travers son adjoint nargue et défie encore l’Assemblée provinciale du Sankuru dans une correspondance,au fond à la fois narcissique et sarcastique, datée du 29 Novembre 2019 : »Le Gouverneur n’ayant été ni mis en accusation par l’Assemblée
Provinciale, ni visé par une motion de censure ou de défiance
conformément aux prescrits des articles 146 et 149 de la Constitution,
bref, Le Gouverneur n’étant pas dans les hypothèses de démissionner,
il va de soi qu’aucune prise d’acte de démission collective par
l’Assemblée n’était et n’est envisageable.
D’où l’évidence de l’incompétence matérielle de l’Assemblée à ce
sujet »lit -on sur la signature de PAUL TCHYABILO NCKOTO.

Quoi qu’il en soit,l’imbroglio sur l’avenir de la province du Sankuru et le feuilleton politico-judiciaire autour de l’élection de gouverneur et vice-gouverneur ont l’avantage d’avoir mis à nu la vanité maladive et la bizarrerie comportementale d’un certain type du politiquement correct. Pendant ce temps, les autres provinces lancent des grands chantiers et réceptionnent des ouvrages de grande importance allant des routes de desserte agricole, Universités, hôpitaux aux écoles etc, alors que le Sankuru de Lumumba se déchire dans un combat de positionnement fait de haine et de cupidité mieux de stupidité. C’est un véritable crucifix voire une honte pour le « Muntu », « Tetela» qui a presque rien appris du héros national Patrice Emery Lumumba sur les valeurs de paix, de solidarité et de détermination mais surtout de servir à n’importe quel prix l’intérêt supérieur du peuple.

Alfred Mote

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