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Lutte anti-corruption : des journalistes renseignés sur les méfaits du fléau

 

Quelques professionnels de médias, essentiellement de Kinshasa, ont très récemment été conviés à un séminaire de renforcement des capacités sur la lutte contre la corruption qui gangrène le pays depuis des décennies.

La session de formation a été organisée par l’ONG « Pour voir clair », en collaboration avec la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco). Dans son mot introductif, le président du conseil d’administration de « Pour voir clair », Jean-Baptiste Ndundu Nsituvita, a souligné le but de l’atelier, celui de mieux faire comprendre la lutte contre la corruption afin de mieux intervenir en synergie. « Pour voir clair’ souhaite mieux intervenir dans notre société en vue d’un changement positif des mentalités. Il est clair que la RDC doit absolument se débarrasser de cette étiquette de pays corrompu. Nous pensons apporter notre contribution, mais il nous faut déterminer de quelle manière ? À travers quelle politique ? Le contrôle et la surveillance ? Ressources humaines ? L’évaluation et suivi ? Ou encore la budgétisation ? », s’est il interrogé.

Jean-Baptiste Ndundu a évoqué quelques idées principales sur la corruption tirées d’une question de U4 anti-corruption ressource centre de Chr Michelsen Institute sur la psychologie cognitive de la corruption développée par Kendra Dupuy et Siri Neset. On relève ici que les personnes détenant le pouvoir sont plus susceptibles d’agir de manière corrompue, quand elles ont tout à gagner personnellement, quant elles ont un faible contrôle d’elles-mêmes, etc . L’autre idée de la corruption note qu’il est probable que les individus acceptent davantage les risques pour compenser les pertes et pour préserver les gains.

Quelques journalistes congolais en formation sur la fraude

Jean-Baptiste Ndundu a fait remarquer que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour savoir comment et à quel moment, certains mécanismes psychologiques cognitifs rendent la corruption plus ou moins probable, notamment des recherches au niveau de la psychologie sociale de la corruption et les interactions entre la psychologie sociale et cognitive, au niveau des effets psychologiques de la corruption sur les individus et ainsi que des études de cas d’élites politiques.

« Les comportements collectifs tels que la corruption sont entretenus par les normes sociales qui sont enracinées dans des attitudes et des croyances partagées. Comprendre les pressions normatives sociales dans un contexte donné peut aider les praticiens à concevoir des interventions pour soulager ces pressions, permettant ainsi à un comportement collectif de changer », a dit le président du conseil d’administration de « Pour voir clair ». Jean-Baptiste Ndundu a distingué quatre types principaux de pressions normatives sociales qui aident à expliquer la persistance de la corruption et comment les initiatives standard anti-corruption ont échoué. Il s’agit des pressions de sociabilité, de parenté, des pressions horizontales et verticales au sein d’une organisation.

Principal animateur du séminaire, Ernest Mpararo de la Licoco a développé les contours basiques de la corruption, indiquant qu’elle est l’abus d’une charge publique à des fins privées. Robert Kilt, a-t-il fait savoir, définit la corruption comme le monopole ajouté à la discrétion sans la responsabilité. Et pour le Programme des nations unis pour le développement, la corruption égale au monopole, ajoutée à la discrétion moins la redevabilité, la transparence et l’intégrité. Ernest Mpararo a évoqué les conséquences de la corruption qui accroît la pauvreté (le chômage).

Dans le chapitre de typologie de la corruption, on peut citer les pots-de vins ou commissions, le favoritisme, le détournements de fonds, l’extorsion, la fraude douanière, fiscale et domaniale, la criminalité économique, le flux financier illite, la capture d’Etat (influence indue sur les règles de jeu), la collusion horizontale, le blanchiment d’argent, le trafic d’influence. A la fin de la session, les journalistes participants ont formulé des recommandations dont la principale a été de publier et diffuser, de manière régulière, des articles et éléments audiovisuels relatifs à la lutte contre la corruption en RDC.

Martin E/Times.cd

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