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Équateur : tentatives de corruption dans l’affaire du Chinois arrêté pour exploitation illégale du bois

Lors d’un point de presse tenu le 4 avril 2019 à Mbandaka, le groupe de travail de plaidoyer (GTP) et le Cadre de concertation provinciale de la Société civile de l’Équateur (CCSE) ont évalué la première phase du procès sur le sujet chinois PI, travailleur à la Société Maniema Union 2 arrêté en flagrance par la Police congolaise dans le territoire d’Ingende pour exploitation illégale des bois. Ce point de presse a été organisé dans le but de mobiliser les parties prenantes pour soutenir l’action de ladite Société civile qui s’est constituée en partie civile, conformément à l’article 134 du Code forestier, afin de réclamer les droits des communautés locales victimes de l’exploitation illicite.

Se basant sur la demande des avocats du prévenu, le Tribunal de grande instance de Mbandaka a résolu d’accorder au sujet chinois une liberté provisoire assortie des conditions, entre autres,  ne pas quitter la ville de Mbandaka, ne pas se retrouver au port et aéroport. L’affaire a été renvoyée au 5 avril 2019 pour la suite de l’instruction au fond et plaidoirie. À en croire la Société civile de l’Équateur, cette liberté provisoire accordée au sujet chinois semble enlever au procès son caractère de flagrance et laisse penser à une interférence de la politique sur ce procès.

Fort de cette situation, la société civile témoigne son regret

La société civile de l’équateur, lors du point de presse

« Nous, de la Société civile, regrettons le fait qu’aujourd’hui le Tribunal se soit emparé de ce dossier parce que le procès est en procédure, or, nous disons cela parce que dans la procédure de flagrance c’est la célérité dans le dossier qui compte, comme le procès a été ouvert le samedi 30 mars, le même jour, les juges devaient statuer sur le fond et la forme pour rendre son arrêt. Mais le tribunal a rendu un jugement avant de dire le droit pour répondre à la demande soulevée par la partie demanderesse en faveur du Chinois. Et le prévenu a été mis en liberté provisoire. Pour ces faits, nous disons qu’il y a des indices de putréfaction ou de corruption. En tant que Société civile, nous voulons que le droit soit établi parce que le Chinois est trouvé en flagrance et il n’y a pas à marchander », a fait savoir Bongambo Barnabé, vice-président du CCES.

Rappelons-le, c’est depuis l’année passée que le Cadre de concertation de la Société civile s’est penché sur les questions d’exploitation illégale de bois d’œuvre opérée par Maniema Union 2 dans la province de l’Équateur. La Société civile/Équateur précise que les documents détenus par l’entreprise en question indique que son assiette de coupe se limite à Itipo dans le territoire de Bikoro, bien que la société soit à cheval sur deux territoires, à savoir Bikoro et Ingende. curieusement, la Société a progressé jusqu’au niveau d’Ingende dans le secteur de Bokatola, en dehors même de sa concession, précisément dans le secteur de Duali, aux environs d’Ingende et Ilambasa, pour exploiter du Bois.

Après plusieurs dénonciations faîtes par les communautés locales et le constat de la Société civile, le Cadre de concertation a haussé le ton à travers une déclaration, pour demander l’arrêt des activités de la société Maniema Union 2 dans le territoire d’ingende. Pas plus tard que sept jours, les communautés locales, se trouvant à 11km du territoire d’Ingende dans le village Loselinga, ont sonné une alerte pour dénoncer la coupe illicite de la même société dans les forêts sans documents ni arrangement communautaire. « Nous disons, tant que les bois coupés à Loselinga ont été saisis, ces bois ne doivent pas sortir de la province de l’Équateur jusqu’à vider toute procédure. Nous réclamons la condamnation de ce délinquant », a souligné Bar que bongambo.

Pour maitre Anthony Bomboko, député provincial et avocat de la partie civile, l’exploitation des bois doit être bénéfique aux communautés parce que la seule richesse de l’Équateur, c’est la forêt. « En tant qu’élu du peuple, nous n’allons pas reculer sur ce genre de dossier, c’est une première dans l’histoire de la province. Nous faisons confiance à la justice congolaise malgré la transmutation dossier. Après avoir présenté les faits, une décision juste sera prise par les juges », a rassuré l’élu de cette province.

Le sujet chinois arrêté à l’Équateur pour exploitation illégale du bois

Pour rappel, le prévenu chinois trouvé en flagrance a été déféré au Tribunal de grande instance de Mbandaka pour être jugé. L’audience a débuté le samedi 30 mars. Le ministère public, maître de l’action publique, a retenu en charge du prévenu des illégalités forestières constatées lors de la descente sur terrain, à savoir, la coupe illicite de bois d’oeuvre, l’association des malfaiteurs et la présence clandestine sur le sol congolais. Le procès se poursuit ce 05 avril 2019, pour statuer sur le fond, c’est-à-dire, instruction du dossier par le tribunal, et en même temps les avocats présentent leurs moyens de défense contradictoire.

Francis Otshudi/ TIMES.CD

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