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Vers une hausse fulgurante des prix des services téléphoniques

Le décret n°18/046 du Premier ministre Bruno Tshibala Nzhenzhe fixant les modalités de calcul et des taux des revenus de prestations de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC) est entré en vigueur le mardi 11 décembre 2018. Ceci fait suite à une décision prise au Conseil des ministres du 23 novembre 2018 à Kinshasa.

Selon des experts, cette mesure a le mérite de renforcer le contrôle des flux téléphoniques des opérateurs du secteur des télécoms, et de lutter contre la fraude fiscale. Cependant, révèlent-ils, la conséquence sera la hausse de la pression fiscale de 27 %, et l’augmengation du prix des appels de 60 %.

D’après ledit décret, indique le site web zoom-eco.net, il s’agira d’abord d’un taux de 1,15 cents USD par minute sur tous les appels sortants intra-réseaux, inter-réseaux, internationaux générées par chaque société. Ensuite, d’un autre taux de 1 cent USD par message sortant intra-réseaux, inter-réseau et internationaux générés. Et enfin, note Zoom-eco.net, il y aura un troisième taux de 5% à prélever sur les revenus bruts générés par le service de données internet.

Les experts ajoutent que les simulations de l’application de ces taux, par rapport aux résultats de revenus collectés par les télécoms au deuxième trimestre 2018, indiquent clairement que la pression de la fiscalité imposée aux opérateurs de ce secteur va augmenter de 27 %.

Pour ne pas enregistrer des pertes qui résulteraient de l’application de ces taux de redevance, les sociétés de télécoms s’apprêtent à augmenter de 60 % les prix des services téléphoniques en RDC. Autrement dit, une carte de crédit de 10USD va passer à 16USD. De même que toutes les recharges comptant pour l’utilisation d’Internet, appels vocaux et des SMS.

Au regard de ce tableau, plusieurs observateurs soulignent que c’est un coup fatal que le gouvernement a porté contre le développement du numérique en République démocratique du Congo. Ces nouvelles taxes sont désastreuses sur le pouvoir d’achat des Congolais qui, au départ, est déjà faible.

C’est aussi un coup dur pour les opérateurs économiques qui verront la baisse de l’utilisation de leurs services à cause de la hausse des prix des appels, SMS et internet. Et le gouvernement lui-même verra ses recettes issues du secteur des télécommunications baisser.

Par ailleurs, a appris TIMES.CD des sources proches du dossier, le ministère des Postes, téléphones et nouvelles technologies de l’information et de la communications (PT-NTIC) a, à cet effet, recruté un prestataire sans appel d’offre public, en l’occurrence AGI (African General Investiment Limeted), pour la gestion du nouveau système de contrôle des flux téléphoniques des réseaux des opérateurs des télécommunications en RDC.

La mise en place de ce nouveau système de contrôle des flux téléphoniques va générer mensuellement 27 millions USD. Selon la clé de répartition définie dans le projet de décret du Premier ministre, 85% (22,9 millions USD) seront payés au seul prestataire AGI, une société non référencée à l’international dans le secteur de contrôle des flux téléphoniques, 10% (2,7 millions USD) à l’ARPTC (Autorité de régulation des postes et télécommunications) et 5% (1,35 million USD) à la “Commission mixte” non autrement identifiée.

Clément Muamba Mulembue/TIMES.CD

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