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Harcèlement et violences au travail : les chefs d’entreprises sensibilisés !

En marge de la célébration de la campagne mondiale des
16 jours d’activisme de lutte contre les violences faites aux
femmes, le Fonds des Nations-Unies pour la population et le Cadre Permanent de Concertation
de la femme Congolaise, CAFCO en sigle, ont organisé ce vendredi 7 décembre 2018 à l’hôtel Béatrice à Kinshasa une journée de
sensibilisation et de plaidoyer des chefs d’entreprises sur les
violences en milieu du travail.

À cet effet, Rose Mutombo, Présidente du CAFCO, a d’entrée de jeu rappelé qu’il y a de nombreuses femmes qui subissent
le harcèlement en milieu du travail, mais gardent le silence par peur de compromettre leur carrière mais aussi par peur de ne pas être écoutés. Sur ce, a-t-elle lancé, il est plus que temps que les langues se délient. C’est la raison d’être du plaidoyer de ce jour qui est dirigé non seulement vers les employeurs, mais aussi et surtout vers les décideurs.

« Pour palier à ce fléau, a-t-elle poursuivi, nous vous suggérons la mise en place de cellules attachées aux ressources humaines pour recevoir tout cas d’harcèlement porté à votre connaissance. Ces cas feront ensuite l’objet des enquêtes de la part des membres de la cellule en toute discrétion, confidentialité et avec le plus de célérité. C’est seulement à la fin de cette démarche que les faits, s’ils sont avérés, seront portés à la connaissance de la haute autorité de l’entreprise pour prendre les sanctions prévues ».

Et d’ajouter : « nous souhaitons aussi qu’une campagne de sensibilisation soit menée d’une manière permanente à travers les affiches dans les endroits stratégiques des entreprises et des sociétés privées, à l’instar de ce qui se fait pour le VIH/Sida.

De son côté, le Représentant Résident de l’UNFPA, Dr Sennen
Hounton, a partagé l’expérience de son organisation internationale sur la lutte contre
les violences en milieu du travail et au sein de la communauté
humanitaire en RDC.

A ce sujet, le Docteur Sennen a insisté sur la tolérance zéro vis-à-vis du harcèlement. « Il est nécessaire
d’appliquer le programme de lutte contre les violences
basées sur le genre mais aussi de mettre en place une politique de protection contre les abus et l’exploitation
sexuel des victimes », a-t-il suggéré.

À l’en croire, son institution reste ouverte à tous ceux qui veulent
s’impliquer afin de faire passer les messages de
sensibilisation pour mettre fin à ce fléau.

Il a également recommandé aux chefs
des entreprises de désigner un point focal pour les questions
de lutte contre les abus et exploitations sexuelles au sein de
leur entreprise.

Sennen Hounton a
relevé que la prise en charge des incidents des violences basées sur le genre est passé de 38,705 cas de Janvier
à décembre 2017 à 26,267 cas de janvier à septembre
2018.

Le représentant du Ministre d’État en charge du travail et de la
prévoyance sociale a invité toutes les femmes à briser le
silence et à s’engager dans cette lutte.

Aussi, a-t-il exhorté les travailleurs et les employeurs à mettre en place les mécanismes appropriés permettant la dénonciation et l’accompagnement des victimes ainsi que l’avènement des nouveaux instruments qui seront adoptés par le mandat tripartite gouvernement, employeurs et travailleurs à la 108ème session de la conférence internationale du travail en 2019 pour contribuer à renforcer l’amélioration du cadre juridique permettant d’accélérer la lutte contre ce comportement inacceptable.

Au regard des différentes prestations, il recommande une meilleure prise en charge de la problématique de la violence et du harcèlement dans le monde du travail dans la stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelle basée sur les genres en cours de finalisation.

Clément Muamba Mulembue/Times.cd

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