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La RDC aphone sur le rapatriement des œuvres d’art africain

Lors de son dernier séjour au Sénégal, le président français Emmanuel Macron avait émis le vœu de voir les œuvres d’art africains qui garnissent les salons et les nombreux musées dans le monde, et singulièrement en Occident, puissent retourner en Afrique.

Ceci parait perplexe dans plusieurs pays africains, car n’ayant d’abord pas des cadres appropriés pour recevoir et bien gérer cette manne culturelle. Bon nombre de ces pays, surtout en Afrique subsaharienne, hormis la République sud-africaine, n’ont ni cadre, ni une politique appropriée dans ce secteur. Si ces œuvres atterrissent en Afrique aujourd’hui, le lendemain elles seront bradées à vils prix pour regarnir les musées et salons des pays nantis.

N’oublions pas que la misère et l’insuffisance des moyens dans beaucoup d’administrations étatiques sur le continent noir font que les fonctionnaires publics ne sont plus à l’abri des tentations. Cette situation va occasionner à coup sûr ce qui est dénoncé plus haut.

Même si, par sursaut d’orgueil ou par patriotisme, on décidait que ces objets d’art de valeurs énorme retournent en Afrique, on va les placer dans quels endroits quand on sait que l’insuffisance d’infrastructures fait défaut dans beaucoup de pays dans ce continent. Il est à craindre que ces œuvres, patrimoines commun de l’humanité, puissent moisir dans des lieux autres que les musées et salons appropriés. Et ce sera une perte énorme.

Pour certains analystes culturels, il serat de bon aloi de les laisser là où elles sont et signé des protocoles d’accord et des conventions de coopérations sur leur gestion avec ces pays du Nord grands consommateurs de ces œuvres, qui les ont bien conservés depuis des lustres dans des musées.

Le Sénégal, un des pays africain qui ont des nombreux objets dans les musées et salons en Europe et en Amérique, vient de faire un grand pas en se dotant d’une musée des civilisations africaines. Ce n’est pas étrange, car le Sénégal a, à maintes reprises, organisé plusieurs éditions du festival négro-africain à Dakar. Le pays de la négritude a compris son rôle de leader dans le domaine culturel au sein de la sous-région de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et dans l’ensemble de l’Afrique.

Et cela contraste avec le silence qu’affichent les autorités congolaises ; et l’absence de la voix de la RDC en ce moment parait absurde dans le gotha culturel africain et mondial. Et pourtant, le Congo Kinshasa a été le premier dans cette bataille de la restitution des œuvres d’art africain emportées d’abord sous la colonisation et celles qui sont malicieusement sorties par la petite porte pour embellir les musées officielles et privées des pays du Nord.

Rappelons-le, dans son discours mémorable le 04 octobre 1973 à New York lors d’assemblée ordinaire des Nations–Unies, feu le président Mobutu s’était longuement étalé sur la question. En cette matière, la RDC parait comme le leader naturel sur le continent et dans le monde par le nombre impressionnant d’œuvres d’art qui sont comptabilisées tant en Afrique et dans les restes de continent du monde.

Dans aucun musée renommé tant public que privé en Europe ou en Amérique, voire en Asie, on ne peut ne pas trouver les objets d’art venus de la RDC. L’exemple le plus frappant et celui du musée belge de Tervuren en Belgique, cette galerie des arts belges contient près de 90% des objets venus du Congo. On peut se dire sans peur d’être contredit c’est la RDC qui a fait Tervuren.

Mais les autorités congolaises et les activistes culturels du pays ont du mal à donner la voix ou à réfléchir sur cette question d’actualités alors que les œuvres de la RDC qui ne se trouvent rien qu’à Tervuren représentent une manne financière très importante.

Si la question est bien négociée et les règles de deux parties bien définies au regard des intérêts des uns et des autres, le pays va beaucoup bénéficier culturellement et financièrement. Car à l’heure actuelle, la RDC n’a pas encore d’infrastructures adéquates pour accueillir cette richesse inestimable que sont les œuvres d’art disséminées à travers le monde, surtout celles qui se trouvent en Belgique.

Le réalisme voudrait qu’on se penche sérieusement sur la question pour qu’on n’assiste pas à un rendez-vous manqué de l’histoire comme l’a été les indépendances dans les années 1960.

Franklin Sidney Mahuku/TIMES.CD

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