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Violence sexuelles : le témoignage poignant d’une victime et la prise en charge de MSF
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Violence sexuelles : le témoignage poignant d’une victime et la prise en charge de MSF

Viol, MSF

Les violences sexuelles sont un fléau qui gangrènent le pays, surtout dans sa partie Est en proie à des conflits armés, et où le viol est littéralement utilisé comme une arme de guerre lors des attaques. La femme est la principale victime.

Il y a des affrontements et des tueries dans l’est du pays. Mais il y a eu aussi des attaques sanglants des milices Kamwina Nsapu de tristesse mémoire au Kasaï, au centre de la RDC. Et ces milices se sont adonnés au viol. Voici le témoignage poignant d’une victime de cette barbarie singulière et inhumaine qu’est le viol qui a ensuite été prise en charge par Médecins sans frontières (MSF).

« C’était un matin de fin mars 2017 à Kananga. Ils entraient dans des maisons, pillaient et tuaient. Ils sont entrés dans ma maison ce jour-là et comme il n’y avait rien à voler, ils ont menacé de me tuer. Ils étaient à quatre et ils ont décidé de me violer. J’étais avec mon garçon de quatre ans. Mon mari n’était pas là, il était parti vers la frontière avec l’Angola pour ses activités de commerce. Souvent, je restais seule pendant plusieurs mois mois, en attendant son retour », relate la pauvre Annie, victime de viol des miliciens Kamwuina Nsapu.

Elle poursuit son insoutenable récit : « Quand ces hommes m’ont violée, mon enfant est resté dans un coin, caché. J’avais 45 ans et six enfants, deux étaient décédés. Quand ils sont arrivés, cinq de mes enfants étaient chez leur grand-père dans un autre quartier et j’étais restée à la maison avec le plus petit ».

« Après l’agression, ils sont partis. Je suis restée seule à la maison, sans manger ni boire, car je sentais comme si mon coeur s’était brisé, comme s’il s’était divisé en deux. Je faisais la cuisine, mais pas pour moi, car, je n’arrivais à rien avaler, et si il y avait un petit bruit ou quelque chose qui tombait à côté de moi, je sursautais et mon coeur brisé battait très fort. Quelque temps après, j’ai appris que mon mari avait été tué sur la route du retour », confie cette femme traumatisée psychologiquement.

Annie a par la suite appris l’existence de Médecins sans frontières (MSF) et qu’elle pouvait bénéficier de l’aide. ’ils pouvaient s’occuper de moi. Mais avant même de se rendre à l’hôpital, elle s’est à nouveau retrouvée en face d’autres bourreaux.

« Quelques semaines après, en allant acheter des feuillages avec d’autres femmes dans un village voisin pour les vendre ensuite à Kananga, nous avons été arrêtées sur la route. Des hommes nous ont demandé de l’argent et comme nous n’avions pas, ils nous ont violées. Cette fois-ci, ce n’était qu’un homme qui avait commis le crime. Quelques-unes ont réussi à s’échapper mais pas moi. J’ai été rattrapée et amenée dans la brousse, où on a abusé de moi. Je me souviens qu’il y avait quelqu’un qui criait très fort à côté de moi, quand cet homme me violait », raconte-t-elle tout en larmes.

« Après, j’ai commencé à avoir de fortes douleurs au bas du ventre. Je ne pouvais même plus marcher correctement. J’avais toujours envie de dormir et je n’arrivais pas à manger. Quand j’ai entendu parler de MSF, c’était à l’église. Des personnes de l’équipe MSF sont venues pour parler des violences sexuelles et de l’aide qu’ils pouvaient apporter aux victimes. Alors j’y suis allée et on m’a aidée », conclut-elle.

Francis Otshudi/TIMES.CD

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