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Exploitation minière à l’Est: un ministre honoraire invite l’Etat congolais à réclamer ses droits

Au cours d’un entretien à bâtons rompus avec TIMES.CD, un ancien ministre des Mines révèle que la RDC ne bénéficie pas de sa part dans les transactions minières à l’Est de la RDC.

Pour le septuagénaire Apollinaire Bulindi, les transactions sont une des pièces maitresses dans le domaine minier.  » Le litige que je dénonce est le droit de 28% de l’Etat congolais et de son peuple. Comme la société BANRO a déjà exporté autour de 35 tonnes d’or, l’Etat congolais a droit à 28% dans cette production, soit autour de 10 tonnes, soit encore environ cinq cents millions USD », a fait savoir ce géologue.

Pour ce technicien en matière des minerais, plusieurs autres avantages sont à réclamer.

 » Je revendique également que toute la production qui proviendra de BANRO, l’Etat puisse bénéficier de ces 28℅ d’action ».

Aussi, soutient-il, la RDC devrait aussi se retrouver dans la gestion de ces entreprises.

 » Je réclame également qu’au niveau du conseil d’administration, s’il y a 10 administrateurs que l’Etat congolais puisse avoir 3 délégués », a-t-il précisé.

En ce qui concerne le minerais de sang, le ministre honoraire est formel:  » Je suis géologue de formation et ingénieur de mines. Cette loi qui traite nos minerais des minerais de sang n’est pas juste. Je voudrais que toute la population, les dirigeants et les habitants puissent ne pas obéir à cette loi puisque je ne comprends pas comment les minerais qui sont dans notre sol soient des minerais de sang? Ce sont de grandes puissances qui fabriquent l’argent, ce sont de grandes puissances qui ont des industries d’armement et fonctionnent très bien. Ce qu’on appelle minerais de sang ici chez nous, quand ça traverse les frontières, ça enrichit les pays voisins, ça enrichi également les grandes puissances. Je trouve que c’est injuste. On a créé la CIRGL pour que les pays voisins ne puissent pas profiter allègrement de nos minerais, malheureusement on n’a pas prévu des sanctions.
Ce qui étonne est que dans les pays voisins, on a des comptoirs là, alors qu’il n’y a pas de gisement, il n’existe pas d’exploitation », a-t-il regretté.

Géologue durant plusieurs années à la société minière du Kivu, ce cadre du secteur minier plaide pour que les consommateurs finaux déplacent les industries et les amènent au Congo pour que le pays se relève.

 » Nous avons le plus grand gisement d’or du monde, la rivière Ulindi et la rivière Lugulu dans le territoire de Shabunda. Nous avons le plus grand gisement de Coltan à Lumbishi dans le territoire de Kalehe, mais aussi le plus grand gisement de la cassitérite, celui de Byonga qui se trouve à Shabunda au Sud-Kivu, le pays n’a pas droit à la pauvreté. Si notre gouvernement peut demander aux investisseurs finaux de venir installer leurs industries ici, si nous pouvons mettre en valeur nos plus grands gisements d’or notre pays pourra prendre un bel élan », a prévenu ce géologue.

Ce dernier appelle, au finish, la population à l’accompagner afin qu’ils reviennent dans leurs droits.

Justin MWAMBA/TIMES. CD

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