Now Reading:
Congo/Brazza: les expropriés de Kintélé appellent le gouvernement à débloquer leur situation
Full Article 4 minutes read

Congo/Brazza: les expropriés de Kintélé appellent le gouvernement à débloquer leur situation

Le dossier des expropriés du stade la Concorde et la salle de conférence internationale de Kintélé n’est toujours pas réglée en totalité. Sur 4300 personnes expropriées, seulement 1200 ont été indemnisées. L’Etat les avait expropriés sur une superficie de 450 hectares pour des besoins d’utilité publique depuis 2012. La lenteur constatée dans le traitement de ce dossier inquiète le collectif de ces expropriés qui menacent d’organiser un sit-in pour faire entendre leur voix.

Les expropriés se retrouvent régulièrement au stade la Concorde de Kintélé pour un premier temps sensibiliser les autres qui n’ont pas d’informations sur leur situation.   

«Il y a eu négligence dans ce dossier. Les droits des expropriés ont été violés. C’est vraiment injuste. Nous avons la loi qui dit que ‘’quand l’Etat veut exproprier les gens pour les besoins d’intérêt d’utilité publiques, il faut d’abord indemniser les gens’’. Sauf que ça n’a pas été le cas. Sur ce dossier les gens avaient fait confiance au chef de l’Etat qui leur avait dit d’organiser les jeux africains et on nous payera après», a indiqué Giscard Tiba, président du Collectif des expropriés de Kintélé.

Il se dit indigné par l’indifférence et la négligence constatée dans le traitement de cette affaire.

«Le Congo a suffisamment eu l’argent ces dernières années. La crise est arrivée seulement après. Alors que la loi dit de payer tout le monde sans condition. Ce qui fait très mal dans ce dossier c’est qu’il y a aussi des victimes de 4 mars 2012 qui ont acquis des terrains là-bas et se retrouvent aujourd’hui dans la même situation», a-t-il souligné.

«La loi n’est pas une note de service ou un décret. La loi c’est la loi et tout le monde doit la respecter. Les expropriations font partie de la loi et cette loi fait partie de la Constitution», a-t-il martelé.

Le Collectif ne veut plus accepter cette situation qui devient de plus en plus critique et très préoccupante.

«Il y a un jeune qui avait pris le crédit dans une Banque de la place. Il a construit sa maison. Malheureusement la construction du stade est passée par là pour tout casser. Voilà, il a tout perdu. Ce sont des préjudices graves que le gouvernement doit réparer», a-t-il déploré.

Le Collectif qu’il dirige aujourd’hui n’est pas un moyen de pression contre le gouvernement, mais un outil leur permettant de se faire entendre.

«Le Collectif est mis en place pour suivre ce dossier, discuter et pourparler avec le gouvernement. Notre combat, c’est de faire que tout le monde soit indemnisé. La suite c’est que nous sommes en train de nous organiser pour rencontrer les membres du gouvernement concernés par la gestion de notre dossier. Notre souhait est de rencontrer surtout le PM. Il est le chef du gouvernement».

Adéchon Dieudonné Emile: «Nous sommes en 2018 et rien ne se fait. C’est révoltant. On ne peut pas comprendre que la constitution soit violée jusqu’à ce niveau. Nous avons seulement besoin de notre argent. Pas d’autre chose».

Quant à Pascal Kanga, vice-président du Collectif des expropriés de Kintélé «les gens ne viennent pas parce qu’ils sont déçus. Plus personne ne veut plus croire en ce dossier qui traine depuis 6 ans. Nous, le Collectif, nous nous battons pour que nous soyons payés tel que nous le souhaitons. Les cotisations c’est pour appeler les médias. Ce que nous avons commencé à faire. Et initier des courriers pour solliciter des audiences auprès des ministères concernés par la situation à savoir les ministères de l’aménagement du territoire et des grands travaux, et celui de des affaires foncières».

Notons que le Collectif envisage d’organiser un sit-in si dans un bref délai aucune solution n’est trouvée dans cette affaire.

Achille Schillains, TIMES.CD/Correspondant à Brazzaville

   

Laisser un commentaire

Input your search keywords and press Enter.