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Congo-Brazza/Musique : les révélations de Rostel Bakwa sur Roga-Roga
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Congo-Brazza/Musique : les révélations de Rostel Bakwa sur Roga-Roga

Le dernier concert l’artiste congolais Roga-Roga et son orchestre Extra Musica au Bataclan, en France, a fait couler tant d’encre et de salive sur la place de Paris. Il y a eu tellement d’opposants qu’il a fallu l’intervention de Rostel Bakwa, un des soutiens de l’artiste musicien pour que cela soit une réussite. Seulement, le groupe est rentré au pays avec quatre artistes de moins. TIMES.CD a pu entrer en contact avec Rostel Bakwa qui fait une révélation de ces départs et le mauvais comportement du patron dudit orchestre.

TIMES.CD : Nous avons appris qu’il y a eu des départs dans Extra Musica de Roga Roga. Qu’en est-il exactement ?

Rostel Bakwa : Oui, il est vrai que plusieurs artistes ont quitté le navire comme Pitosh na Mbonda, Célé Accompagnement,  et la chanteur « Quatre Saisons » de Dolisie. On parle également de Bodry appelé « Obama » qui joue le synthétiseur. C’est suite à un mauvais traitement qu’ils auraient subi dès leur arrivée ici à Paris de la part de leur leader, Roga-Roga. Les artistes de Roga-Roga étaient placés dans un hôtel, mais ils n’avaient pas de quoi se nourrir alors que toutes les dispositions avaient été prises pour que cela n’arrive pas. Les artistes ne sont pas payés depuis six mois alors qu’ils ont été en tournée dans toute l’Afrique. Voilà pourquoi ils ont décidé de mettre les voiles sur Paris afin de chercher leur vie et de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays. Ils ont donc fui.

TIMES.CD : On parlerait d’une main noire qui serait passée par là pour déstabiliser l’orchestre. Tu le confirmes ?

Rostel Bakwa : Non. Je ne pense pas du tout. A moins que je ne sois pas au courant. Il n’y a pas eu une main noire qui est passée par là pour inciter ces jeunes à quitter le groupe. Je pense que c’est pour des raisons personnelles qu’ils ont pensé à rester ici. C’est donc assurément pour diverses raisons dont entre autres la maltraitance et le non payement régulier des salaires. Ce qui est vrai c’est que cela a dû être motivé par quelque chose d’autre.

TIMES.CD : Est-ce qu’ils se sont bien comportés ?

Rostel Bakwa : Non. Pas du tout. Je sais que les départs ont toujours existé même dans les grands orchestres comme dans Ok jazz ou autres. Ce qui se dit c’est que ça fait plus de 10 ans que les orchestres de deux Congo ne sont plus produits ici à paris. Et la grande victoire c’est celle d’avoir réussi à faire jouer Roga Roga en plein Paris alors que nous savons tous que le mouvement des « Combattants » de la RD Congo et du Congo Brazzaville, faisait rage. Il faut souligner aussi que ce concert a coupé des ailes à beaucoup de combattants, à beaucoup de personnes qui se sont radicalisées sur le pouvoir de Brazzaville. Je dois dire en même temps que je n’ai pas combattu mes frères. Bien au contraire. J’ai juste agi en tant que responsable pour leur faire comprendre qu’il y avait une différence entre la politique et la culture. Voilà pourquoi j’ai accepté qu’il joue. Je crois que j’aurais eu le même comportement pour un autre artiste de mon pays comme ZAO ou Chairman.

TIMES.CD : Est-ce mauvais de chanter pour un régime au pouvoir comme celui du Congo Brazzaville ?

Rostel Bakwa : Non. Pas du tout lorsqu’on reste dans la logique des choses. Mais cela devient mauvais quand tu t’évades même pour le régime en question. Roga-Roga n’est pas reconnaissant vis-à-vis de ceux qui l’ont aidé dans sa carrière artistique. Ce manque de reconnaissance fait qu’il vive des frustrations et dans le complexe. Il n’a jamais reconnu personne ni ces coéquipiers ni ceux qui ont travaillé avec lui. Parce que pour lui tout le monde est mauvais et lui seul est bon.

TIMES.CD : Tu es de ceux qui ont fait produire Roga Roga à ces débuts. A la dernière minute tu t’es imposé devant les Congolais de la diaspora qui s’opposaient à ce concert. Qu’est-ce qui a motivé cela ?

Rostel Bakwa : Effectivement, je suis celui qui a fait que ce concert soit un succès. Je ne voudrais pas donc qu’on me vole la vedette. Et si aujourd’hui la culture de mon pays doit décorer une personne, je trouverai cela malsain que ce ne soit pas ma personne. J’ai été de beaucoup dans le domaine sécuritaire  pour que ce concert ait lieu. Je suis aussi celui qui avait présenté l’artiste à Christian Okouna qui est l’un de ses premiers producteurs et qui lui a acheté sa première voiture de luxe. Je suis celui qui lui a fait rencontrer Bertrand Etou, BBR PROD. Ce dernier m’a convaincu parce que je m’étais d’abord opposé à ce concert pour le fait qu’il avait composé une chanson contre une partie des Congolais de la diaspora me disant qu’il fallait d’abord privilégier le drapeau. Et je lui ai exigé les excuses de la part de l’artiste Roga-Roga en public. Voilà pourquoi vous avez vu sur les réseaux sociaux le pardon de ce dernier envers la diaspora. Après j’ai résolu de travailler avec eux pour le compte de ma société de sécurité qui n’est autre JR-Service Security. J’avais personnellement convaincu le préfet pour que ce concert ait lieu. Parce que la veille, les manifestants avaient déjà brûlé des véhicules, des voitures. C’était alors un concert à haut risque.

Propos suscités par Achille Schilains, TIMES.CD/Correspondant à Brazzaville

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