RDC: potentialité agricole et insécurité alimentaire élevées

Le ministre de l’Agriculture, Georges Kazadi Kabongo, a présidé, le 18 mai dernier, l’atelier de dissémination de la revue du secteur agricole, un outil susceptible, selon sa définition, de dégager des indicateurs indispensables pour le développement du secteur.

Conscient du potentiel agricole de notre pays, le ministre a cependant relevé des multiples contraintes auxquelles il est confronté. Parmi les contraintes endogènes, il a particulièrement noté l’accès limité aux marchés ; la faiblesse des services agricoles de base ( recherche, formation, encadrement, microcrédit) avec comme conséquence, la faible productivité du secteur ; la faible capacité technique et organisationnelle des organisations des producteurs ; l’insécurité foncière ; etc.

Et dans le lot des contraintes exogènes, il cite : la faiblesse des budgets alloués à l’agriculture : moins de 3 % du budget national ; la dégradation des infrastructures économiques, notamment les routes de desserte agricole ; l’inexistence des banques pour la promotion de l’agriculture. « Ces contraintes ont pour principales conséquences le manque d’accès aux intrants, la réduction de la productivité agricole et l’insécurité alimentaire », a souligné le ministre, qui a avoué que la RDC est parmi les pays les plus pauvres avec un niveau d’insécurité élevé au monde.

Pour lui, il y a nécessité d’apporter une aide alimentaire extérieure importante au pays.


                       

 

Potentialité agricole élevée dans 9 provinces

Neuf des vingt-six provinces que compte la RDC ont une potentialité agricole très élevée, selon la Banque Mondiale(BM) qui a pris une part importante dans l’élaboration de cette revue.

En effet, dans un document présenté par l’Agro-économiste et chargée de projet à la Banque Mondiale, Joanne Gaskell, il en ressort que les provinces de Mai-Ndombe, Kasaï, Lulua, Sankuru, Haut-Uele, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo et la Tshuapa sont comptées parmi les provinces à potentiel de production élevé parce qu’elles ont une période de croissance plus longue, une teneur nutritive du sol élevée et une teneur du sol en carbone organique également élevée.

Ce rapport note également que les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshuapa, du Kasaï Central et du Kongo Central sont spécialisées dans les cultures commerciales. Ces provinces ont des politiques de commerce qui encouragent l’exportation. Elles possèdent également une part importante des ménages cultivant des cultures
commerciales et de gros excédents de cultures commerciales.

Parmi les provinces les plus vulnérables sur le plan agricole on note l’Equateur, le Kasaï Central, le Lualaba, le Maniema, le Sud-Kivu et le Tanganyika. Ces provinces sont affectées par les hausses brutales des prix alimentaires. Elles ont une participation élevée dans les marchés, un taux élevé de pauvreté rurale et la nourriture constitue une part élevée des dépenses,  indique le document.

Il convient de noter que cette revue démontre également que la RDC possède un potentiel agricole largement sous exploité. Pourtant le pays a une saison de croissance de 8 mois dans 22 des 26 provinces, 51 millions d’hectares de terres cultivables inexploitées et 182 000 Km² de pâturages.  A cela s’ajoute un réseau hydrographique étendu et la présence des ressources halieutiques.

Selon la revue du secteur agricole de la Banque Mondiale, la RDC a un marché domestique important et des marchés régionaux inexploités. L’importation  alimentaire dessert un marché domestique de 14,4 milliards USD et il y a peu d’exportation aux marchés régionaux des 9 pays avec plus de 250 millions de consommateurs. Parmi les difficultés, on note un régime foncier ambigu, la dégradation du sol et une mauvaise infrastructure de transport. La banque mondiale mentionne également un soutien public insuffisant pour le secteur agricole amplifié par la récente croissance du secteur minier.

Tchèques Bukasa/TIMES.CD

Laisser un commentaire