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VSBG : « Téléphone Vert »pour un travail en synergie avec des Ongs partenaires

Organisation non gouvernemental (Ong) de lutte contre les violences faites à la femme et la jeune fille, Téléphone Vert a repris ses activités en organisant, le samedi 28 avril 2018 à Kinshasa, une rencontre de prise de contact avec les ONG partenaires de lutte contre les Violences sexuelles basées sur le genre (VSBG). Jolie Okako, coordonnatrice de cette structure, a commence par rappeler : « Nous sommes ici pour vous présenter ce projet, nous informer et réfléchir à comment collaborer ensemble et
trouver des solutions pour éradiquer les inégalités hommes – femmes qui existent dans la société ».

« L’analyse de la situation et de la condition de vie des femmes en famille, à l’école et au travail est une démonstration évidente que les fondements de notre société reposent sur des inégalités et des représentations sexistes. Comme nous le savons tous, une femme sur quatre est victime de violences. Celles-ci ont comme manifestations : le viol, les rapports sexuels avec une mineure ou non consensuelle, entre mineurs de
moins de 18 ans, les mariages forcés et précoces, le harcèlement et mutilation sexuels, le proxénétisme, l’incitation des mineurs à la débauche, l’esclavage sexuel, l’exploitation et trafic d’enfant à des fins sexuelles, la prostitution et la grossesse forcée, le mariage forcé, le
trafic d’enfants, la stérilisation forcée, la pornographie mettant en scène des enfants, la prostitution d’enfants, la transmission délibérée des infections sexuellement transmissibles et incurables », a indiqué Jolie Okaki.

Elle a ajouté que les autres violences basées sur le genre et affectant particulièrement les filles et les femmes sont constituées de plusieurs formes d’abus non sexuels allant des violences domestiques, physiques ou émotionnelles, aux violences socioculturelles, professionnelles, institutionnelles, liées à la coutume et autres.

« Nous avons créé Téléphone Vert parce que, malgré l’existence des dispositions légales, les violences faites à la femme demeurent un problème récurrent en RDC.
Si en 1999 l’étude du regretté professeur Ngambembo démontrait
que 53 % des femmes, jeunes et petites filles font l’objet de propos injurieux de la part de leurs partenaires
masculins du fait de leur sexe, 39 % sont victimes de coups et blessures et 27 % de pratiques coutumières néfastes. Aujourd’hui, les pourcentages ne sont pas plus honorifiques en terme d’avancées en réduction au regard du contexte politique et des regains des tensions. Sur près de 500.000 cas de violences sexuelles enregistrés en 16 ans, 99,2 % des victimes sont du sexe féminin », s’est-elle justifiée.

Et de poursuivre : « L’impact de toutes ces violences sur la société congolaise est énorme. Les enfants hors des zones de conflit deviennent de plus en plus des cibles privilégiées de viol et les cas de violences domestiques prennent des dimensions inquiétantes. D’autres formes de violence sexuelle se sont aussi développées ».

Au-delà des conséquences néfastes sur les femmes, a souligné la coordinatrice de Téléphone Vert, la violence sexuelle est devenue une menace sur la sécurité humaine. Des familles et des communautés entières ont été déshumanisées et détruites par les traumatismes divers qu’elles ont subies (dislocation des familles, exclusion et
rejet des victimes, enfants nés du viol, paupérisation des communautés, climat de peur et de vengeance,etc.).

« Le manque de gestion adéquate de cette
situation brutale et gigantesque liées aux violences basées sur le genre produit à ce jour les conséquences suivantes : déportations des femmes et des filles pour l’esclavage sexuel, mariages précoces et prolifération des enfants non désirés, contamination massive au VIH Sida, déperdition scolaire et accroissement de l’analphabétisme, et, malheureusement, l’installation de l’impunité, de la non indemnisation des victimes ainsi que de la non réparation des dégâts causés », a fait savoir Jolie Okako.

Parmi les défis à relever, a-t-elle laisse entendre, les mécanismes de prévention et de protection mis en place semblent inefficaces du simple fait que la femme victime n’arrive pas à dénoncer. Et elle a affirmé que le projet Téléphone a été crée en mars 2013
pour mettre en place un mécanisme efficace de prévention et de protection par l’implantation d’un numéro vert gratuit pour permettre à des éventuelles victimes de dénoncer et de se faire accompagner psychologiquement, juridiquement et médicalement.

Pour la coordinatrice du projet TV co t Genre, l’approche genre implique
également les hommes et les femmes dans ce combat. Quant bien même la femme est la bénéficiaire direct des actions
liées à ce projet, les hommes y sont associés pour plus d’efficacité, étant pour la plupart des cas, à la base des violences.

Et de se remémorer : « En 2013, nous avions mis en place un centre d’appel pour permettre aux victimes de violences de dénoncer. Mais un grand nombre de personnes victimes de viols ou d’agressions sexuelles, le plus souvent des femmes et des enfants, hésitent encore à dénoncer les violences subies. Toutefois, les mentalités évoluent, l’information porte ses fruits et les victimes de violences sexuelles, plus
fréquemment qu’auparavant, osent rompre le silence. Le viol est un crime. Les violences portent de très graves atteintes à l’intégrité de la personne. Ses répercussions psychologiques, physiques, et sociales sur la vie des
victimes sont considérables »

Jolie Okako a également révélé que les témoignages reçus à la permanence téléphonique de TV confirment deux réalités : d’abord, beaucoup des victimes de violences en sont encore à la pratique de règlement à l’amiable avec l’agresseur, et deuxièmement,
déposer une plainte et déclencher une procédure judiciaire peut représenter, au-delà des épreuves auxquelles cette démarche expose, un acte positif susceptible d’aider la personne à se reconstruire. Cette dénonciation est par ailleurs indispensable à l’action de la justice contre une criminalité spécifique, qui porte encore la
marque de rapports inégalitaires entre les sexes.

Elle a fait remarquer : « Nous avons décidé de reprendre nos activités depuis octobre dernier après un temps d’absence. Nous sommes donc en plein réhabilitation de notre centre d’appel. En attendant de conclure avec nos nouveaux partenaires et vu l’urgence, nous avons mis en place un petit centre d’appel avec le numéro : 0900088780, 0900088928, pour permettre aux victime d’appeler et de dénoncer afin de se faire accompagner par nos spécialistes ».

Donnant des assurances sur le suivi médical, psychologique et judiciaire de la victime, Jolie Okako a confirmé l’engagement de organisation d’appuyer les femmes dans leur démarche de
réinsertion sociale, en les intégrant dans le projet Tv-service pour leur faciliter de retrouver le chemin du
travail et d’être financièrement indépendante.

Et de conclure en s’adressant aux Ong partenaires : « Nous vous avons invité parce que c’est ensemble, en synergie, que nous allons soulager, réparer et
aider les femmes et jeunes filles victimes d’agression à se reconstruire ».

TIMES.CD

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