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Portrait : Il était une fois Blaise Bula…
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Portrait : Il était une fois Blaise Bula…

Blaise Bula

Chanteur à la voix claire mais imposante, Blaise Bula Monga dit Ingénieur Cielebu est un artiste musicien, chanteur congolais de Kinshasa. Il est l’une des figures emblématiques du  Clan Wenge dont l’intelligence humaine rime avec son art.

Né le 22 avril 1967, à Bandalungwa, une des communes mouvementées de la capitale congolaise et fief historique du groupe Wenge Musica BCBG 4×4 Tout Terrain, formule originelle, Blaise Bula alias Cappucino est une voix et personnalité d’une culture idyllique.

Son aventure dans la musique commence bel et bien dans cet orchestre Wenge, alors qu’il n’a que 16 ans d’âge. A la fois comique mais très rigoureux dans le travail, ce chanteur émérite va apporter un nouveau souffle dans la chorale de Wenge, jusqu’à imposer son identité vocale aux côtés de JB Mpiana, Werrason, Didier Masela et Alain Makaba…

Avec ses compagnons, ils ont bougé les lignes et bouleversé les données dans l’histoire de la musique congolaise moderne. Grâce à leur talent inouï, ils sont parvenus jusqu’à démystifier certains stades et salles mythiques du monde.

En 1997, lors de la scission historique du groupe  Wenge Musica 4×4 BCBG Tout Terrain, « Cielebu » semble faire un choix judicieux, en suivant l’aile du souverain 1er JB Mpiana pour créer Wenge BCBG, les ‘‘Anges adorables’’. Celui qu’on surnomme le ‘‘Parrain de la révolution’’ va se retrouver parmi les administrateurs de cette fraction.

Hélas ! Face aux mépris de certains  collègues, Blaise Bula qui, autrefois, était reconnu comme précurseur du Clan, décide de quitter la barque BCBG deux ans après, pour monter son propre groupe « Pondération 8 »; c’est aussi le nom de son tout premier album solo. Et il va mettre tout son savoir-artistique à la disposition de sa formation musicale.

Auteur-compositeur de renom 

Sur le plan discographique, d’aucuns n’ignorent la perspicacité de cet artiste, qui s’illustre également comme un fin danseur, au-delà de son talent d’auteur-compositeur. Auteur des tubes à succès, il dispose d’une discographie riche et pertinente grâce à son écriture.

Non seulement Blaise Bula s’est distingué parmi les meilleures voix, mais surtout ses compositions alléchantes ont énormément contribué à l’éclosion de Wenge Originel.

En 35 ans de carrière exemplaire, la star compte 3 albums à son actif. « Pondération 8 » est le premier réalisé en solo en 1999 et dans lequel on retrouve des morceaux savoureux tels que « Bashale »  « Le pétrolier », « Wabelo », « l’An 2000 ».

Son deuxième opus « Balia Ngando » édité en 2007 accroche aussi le public congolais jugé très critique. Pour le commun des mortels, le succès de cette aubade musicale résulte de la fascinante chanson « Okota ». Baptisé « Saint Valentin », cet air est devenu pratiquement l’hymne national des amoureux. A chaque 14 février, depuis sa sortie, le public ne se lasse d’écouter cette œuvre du fils de Cyprien Bula et  Catherine Mangondo.

Willy et Blaise

Willy et Blaise Bula en studio à Paris

Déjà, à l’époque de Wenge, rappelle-t-on, « Ingénieur Cielebu » produisait de très belles mélopées qui ont beaucoup marqué les mélomanes. « Chou chou de Londres « , « Eve Sukali », « Ave Maria »,   « Filandu » ainsi que  « Likala Moto » restent encore et toujours parmi ses best-sellers.

21 ans après la séparation de Wenge, l’homme à la voix champagne s’apprête à lancer une nouvelle bombe nommée « Rendez-kita » entendez, « Rendez-vous na ki tata », le troisième disque de  sa carrière. L’oeuvre attendue en cette 2018 s’annonce fracassante.

Des textes, aux compositions musicales à la guitare, en passant par la voix, cette œuvre va marquer le cinquantenaire de sa vie sur terre. Les mélomanes vont se régaler à travers l’idéologie  musicale de Blaise Bula qui n’est autre que «  YB² », c’est-à-dire, « Yemba nde, beta nde, bina nde ».

Marié à Sandrine Bashale et père de 4 enfants (deux garçons et deux filles), Blaise Bula est le rare artiste de sa génération qui a réussi à concilier études et musique, sa passion. Il est détenteur d’un titre d’ingénieur en électronique industrielle.  Les « Mushetumen » (étudiant de l’Institut supérieur des techniques appliquées -ISTA-) à Kinshasa en savent quelque chose.

De l’art au poste de décision…

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point les nombres d’années, dit-on. Déterminé à redynamiser la corporation musicale au Congo, Blaise Bula a intégré le comité dirigeant de l’Union des musiciens congolais, (UMUCO), jusqu’à occuper le poste de vice-président de cette structure corporative.

Face aux roublards de la scène musicale congolaise,  il a gagné le pari de diriger l’UMUCO en qualité de président intérimaire, pendant plus d’une année, à l’absence de Verckys Kiamuangana, malade en Europe.

Ayant une connaissance approfondie en matière des droits d’auteur et de gestion des patrimoines culturels, « Ingénieur Cielebu » est parmi les premiers artistes qui ont cru en la création de la nouvelle Société congolaise de droits d’auteurs au Congo (SOCODA). Il y a assumé le poste de vice-président en charge des Finances au Conseil d’administration.

Toujours combattu mais jamais abattu, le « Vainqueur de tous les dangers » a réussi à développer sa compétence en qualité d’expert en matière culturelle et artistique. Avec beaucoup d’expérience acquise dans les différents postes de décision, Ingénieur Cielebu a travaillé à deux reprises comme conseiller au ministère de la Culture et Arts, à l’époque de  feu ministre Baudouin Banza Mukalayi et  Sylvain Masheke.

Mal compris par ses collègues, cet expert et praticien de la culture n’a eu toujours comme idéal que de faire avancer les choses et de doter à la RDC, sa politique culturelle. Comme il aime le dire lui-même : « est-ce que na lobi mabe…To ? ».

TIMES.CD

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