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André Kiomba : « La machine à voter est le seul moyen pour le respect du calendrier »
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André Kiomba : « La machine à voter est le seul moyen pour le respect du calendrier »

André Kiombi

Vice-président de la Commission africaine pour la supervision des élections(CASE), André Kiomba a, dans une interview exclusive accordée à Times.cd ce vendredi 13 avril 2018, donne plus d’importance à la machine à voter.

Times.cd : André Kiomba, pouvez-vous nous présenter la CASE ?

André Kiomba: La CASE fait partie de la Société civile électorale. Nous sommes ni pour la Majorité ni pour l’Opposition. Nous sommes une église au milieu du village et notre seul but est d’accompagner le processus électoral.

Times.cd : Vous formez des sensibilisateurs de la population sur la machine à voter, alors que l’Opposition rejette celle-ci…

A. K.: Pourquoi refuser la machine à voter ? Quel élément technique remet en cause cette machine ? La machine à voter est le seul moyen pour le respect du calendrier. Si vous voulez nous amener à des revendications politiques, nous disons, nous, CASE, nous ne serons pas le bienvenu sur cette piste-là.

Times.cd : En dehors de l’Opposition, il y a la Corée du Sud qui émet des craintes sur les votes par cette machine, et même d’autres pays. Cela ne vous interpelle pas ?

A.K. : La Corée du Sud n’a pas contesté la machine à voter, mais elle a émit des réserves. Nous, au niveau de la CASE, nous disons que l’unique moyen de contre-carrer la tricherie pendant les élections, c’est de placer l’homme à la place de l’homme. Cela veut dire que dans chaque bureau de vote, on place un témoin du parti politique et un observateur, il y aura jamais de tricherie. On peut tricher même sans machine. En 2006, on a triché et en 20111 aussi, mais il n’y avait pas de machines à voter. Les pays qui font des brouilles aujourd’hui sur la machine à voter ne sont pas un modèle. Nous avons l’élection présidentielle américaine, jusqu’à aujourd’hui, on décrie la tricherie tandis qu’ils n’avaient pas utilisé la machine à voter. Il n’y a jamais existé une élection parfaite au monde, chaque élection est souvent entachée des imperfections, à moins que Dieu descende ici sur terre en RDC.

Times.cd : Le pays est plongé dans une crise politique persistante, ne pensez-vous pas qu’en organisant des élections libres et transparentes, cela pourrait apaiser des esprits surchauffés ?

A.K : Vous devez savoir que à chaque élection, il y a un nouveau conflit qui naît. L’Amérique est un exemple et personne ne l’ignore. Dans aucun pays, l’élection n’a pu apporter la paix totale. S’il y en a, ils sont à compter au bout des doigts par exemple le Ghana, Sénégal et la Zambie. Au lieu de passer de rejet en rejet, il faudrait mettre juste en place un mécanisme qui permettrait de contre-carrer une tricherie qui peut venir du pouvoir en complicité avec la CENI.

Times.cd : Que faut-il faire pour avoir les élections libres transparentes où tout le monde sera au moins d’accord ?

A.K : Il faudrait en premier lieu faire revenir la confiance. Nous nous retrouvons dans une phase de manque de confiance des acteurs impliqués dans le processus électoral vis-à-vis de l’administration électorale. Alors avec cette crise de confiance, on aura jamais des élections apaisées. Il faut la reconstruire. La CASE a appuyé la CENCO qui n’avait jamais refusé la machine à voter, mais avait demandé à ce qu’il y ait une expertise extérieur pour une assurance sur cette machine. C’est ainsi que la CENI a lancé les appels d’offre international demandant aux personnes spécialisées et qui ont de l’expertise de venir certifier la machine à voter ainsi que l’audit du fichier électoral.

Times.cd : A quoi servent ces formations que vous avez entamées?

A.K : Nous formons les sensibilisateurs et vulgarisateurs électoraux de sorte que chacun soit au parfum des enjeux de l’heure.

Propos recueillis par Ben Bukasa/Times.cd

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