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Faya Tess : « C’est la rigueur dans le travail qui fait ma force »
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Faya Tess : « C’est la rigueur dans le travail qui fait ma force »

En ce mois de mars consacré à la femme, Times.cd est allé à la rencontre de Faya Tess, ancienne chanteuse de l’Afrisa International, qui continue à défendre la rumba congolaise sur la scène internationale de Tabou Ley. Elle a décortiqué son projet « Au temps des Classiques » que les mélomanes apprécient beaucoup au regard de la qualité des chansons interprétées dans les différentes séries. Au-delà de ce important projet qui consiste à rendre hommage aux pères géniteurs de la rumba, la ‘‘Sirène d’eau douce’’ s’est réjoui de son rendement en termes des réalisations artistiques l’année dernière. Et elle a annoncé sa prochaine tournée africaine en 2018. Interview.

Times.cd : Que peut-on retenir de votre bilan en 2017?

Faya Tess : Mon bilan artistique de 2017 est excellent. Très positif. D’abord, je remercie Dieu tout puissant qui me donne cette force et la santé qu’il faut pour accomplir mon devoir envers mon public. Deuxièmement, je remercie ma maison de production « Air Monde Culture » dirigée par le Président André Tetu, qui a aussi des partenaires très solides, entre autres, des producteurs français qui ont beaucoup de réseaux à travers le monde. Ce qui m’ouvre aussi d’autres opportunités afin d’évoluer aussi en dehors de nos circuits habituels. C’est toute une machine qui travaille avec moi. Je leur rends hommage. Bien qu’il y a eu plusieurs prestations scéniques en 2017, une de plus importantes qui m’a beaucoup marquée, est celle de la Hongrie, précisément, dans la ville Nyiregyhaza. Un peuple réputé glacial autrefois ! J’étais agréablement surprise de voir le public venu nombreux pour découvrir et savourer la rumba congolaise. Un concert super avec tous ceux qui m’ont accompagné. Nous avons réussi une fois de plus à amener la rumba dans des horizons qui en étaient privés injustement jadis. Signe de la mondialisation. Enfin, je remercie toujours le public, c’est grâce à lui que moi et mon équipe arrivons à faire tout ceci.

Times.cd : »Au temps des Classiques » est votre projet en cours qui fait rage sur le marché du disque. A quand le prochain volume ?

FT : En effet, le public a bien accueilli ce projet et je reçois beaucoup de félicitations à ce propos. Nous sommes un peuple issu d’une culture où tout se transmet oralement. Combien sont ceux qui ont encore des albums de famille, des films, des souvenirs ? Mais à travers cette musique nostalgique, certains ont vu défiler toute leur enfance, leur jeunesse. Le public est très heureux de revivre ces trésors. Il convient de dire aussi que le moment était venu pour remettre sur table ces vrais codes de la Rumba que nous ont légués nos aînés. Je ne remercierai jamais assez mes mécènes, Me Alexis Vincent Gomez et son excellence Monsieur Hugues Nguelondélé, deux grands opérateurs culturels en Afrique. Retenez que le volume 7 réserve beaucoup des surprises qui vont permettre aux mélomanes de se régaler comme jamais. Je vous assure !

Times.cd : comment se fait-il que Me Vincent Gomez ne soutienne que vous et pas d’autres chanteuses ?

FT : Je me suis posée aussi cette question, il y a un moment. Mais honnêtement, j’ai rapidement zappé à autre chose. Mon boulot d’abord, et le public à qui il faut approvisionner. Je me dis que la rigueur dans mon travail est la réponse à tout. Mes tournées musicales sont aussi supervisées par un grand opérateur français, qui est devenu aussi comme ma famille. Voilà pourquoi j’ai toujours dit, la réponse, c’est mon boulot. Venant d’aucun groupe musical à Kinshasa, rappelez-vous, j’étais très jeune lorsque j’avais intégré Afrisa International de seigneur Ley. Au milieu des grands professionnels et expérimentés, je me dis : j’arrive dans une arène des dinosaures ! Après cette expérience, dites-vous que plus rien ne peut me perturber. Donc, je suis rodée, disais-je !

Times.cd : Du 1er au 6e volume, aucune chanson d’une femme de la musique congolaise n’a été interprétée dans ce projet. Ceci est fait à dessein ou par ignorance ?

FT : D’abord, les titres que j’interprète viennent des mécènes de ce projet. Parfois, eux aussi reçoivent les différentes demandes venant du public et entourage. Le plus dure, c’est de ne pas interpréter les chansons des artistes féminins. Mais étant une femme, je rends souvent hommages à mes aînées Mpongo Love, Abeti Masikini. Le challenge était se mettre dans la peau des tous ces chanteurs et pas de moindre ! C’est ça la difficulté de l’exercice. Le public nous témoigne que nous le faisons d’une façon excellente et son adhésion est totale. Les témoignages sont en bas de quelques clips réalisés. Mais pour cette question, je n’ai pas dit encore le dernier mot.

Times.cd : Avez-vous un message à adresser aux Congolaises en ce mois consacré à la femme ?

FT : Mon sentiment est mitigé. La tristesse se mélange à ma joie. La joie de voir que de plus en plus la femme arrive à occuper des postes de commande, de décision, et les barrières tombent. Mais de l’autre côté, on constate avec froideur que pour certains hommes, la femme est une proie. Ce qu’on a vu en Libye n’est qu’une partie de ce qui se passe ailleurs et dans le silence. Outre mon statut d’artiste, j’œuvre dans une organisation humanitaire. Je reçois également ces femmes-là, apeurées, livrées à elles-mêmes, traumatisées et qui ont vécu l’enfer. Loin d’imaginer qu’on puisse voir encore ceci dans ce siècle. Alors ce mois de mars se présente comme une occasion, non seulement pour célébrer la femme, mais également pour faire entendre vivement nos revendications et réclamations en termes de droits et d’égalité. Il convient à chaque fois de rappeler que les droits de la femme font partie intégrante des Droits de l’Homme. Or, ces droits sont toujours rongés dans notre pays. Alors à toutes les femmes, restons toujours vigilantes. Nous sommes l’avenir !

Times.cd : Qu’est-ce que les fans peuvent s’attendre de vous en 2018 ?

FT : La surprise vaut mieux que les annonces sans effet. Sur les réseaux sociaux, je réponds à certains d’entre-eux. Le public quel qu’il soit, de Kinshasa où d’ailleurs, est notre raison d’être. C’est notre source d’énergie. Je serai avec les Kinois bientôt. Dans mon agenda, il y a un programme pour l’Afrique et l’Amérique cette année. Donc, ça va bouger. Ce 21 mars je vais jouer en Espagne accompagnée par des Cubains. Caien Madoka sera l’unique congolais à la guitare solo, et devant des milliers des personnes !

Propos recueillis par Jordache Diala/Times.cd

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