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Musique : Fally Ipupa, star congolaise préférée au Cameroun
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Musique : Fally Ipupa, star congolaise préférée au Cameroun

La musique est la seule drogue autorisée dans le monde. Et Fally Ipupa est le nom de la nouvelle substance dopant la mieux consommée et réclamée actuellement au Cameroun. Ce chanteur congolais de Kinshasa est parmi les stars africaines en vogues au pays de Makossa.

Ce constat a été fait au cours de notre séjour à Douala, capitale économique du Cameroun. Il est l’unique congolais dont la notoriété artistique a touché cette partie littorale. A 40 ans, Dicap la Merveille s’impose à travers sa musique urbaine qui rivalise et dépasse les frontières continentales.

Son nouvel album « Tokoss » est considéré comme la meilleure des œuvres réalisées et lancées cette année 2017 sur le marché africain de la chanson. Des percutants tubes contenus dans cette nouvelle aubade musicale tels que « Mannequin » et « Eloko » caracolent dans tous les milieux d’ambiance de la ville économique camerounaise.

De Bonaberi, Bonandjo, Bonabusadi, Bonapriso en passant par les rues et grands artères jusqu’à ‘‘Elf’’, le quartier périphérique de Douala, ses chansons sont connues des jeunes et vieux, boss ou ouvriers. Tous sont séduits par la musique de ce chanteur Kinois dont le talent fait preuves grâce à son succès. Aucun bar, ni un bistrot ou une boite de nuit de Douala ne peut s’en passer. Lorsqu’un morceau de l’artiste est balancé, tous envahissent la piste. Il règne en seul maître dans ce pays.

A l’instar des autres sons, discographies et tempos produits sur place ou par les nigérians et ivoiriens, les sons de l’homme de « droit chemin » cartonnent et dominent mais ils ne sont pas les seuls à raisonner dans les discothèques au pays du vieux « Popol ».

‘‘Nous adorons sa musique. C’est un talentueux… Il nous fait bouger par ses rythmes magiques. Les sons de Fally font à chaque fois bouger la piste. Personne n’en résiste. Surtout qu’il chante un peu français et lingala mais c’est vraiment attrayant. Il est le meilleur en Afrique’’, a déclaré DJ JJ du bar Selfie à Douala. Son passage au Cameroun en décembre dernier l’a confirmé et a été aussi effervescent avec un public chaud au rendez-vous de son spectacle à Douala.

La grande surprise a été surtout de constater que Fally puisse jouer un concert à guichet fermé avec un droit d’entrée fixé à 120.000 FCFA, à l’espace « Sanza » en plein cœur de la capitale économique. Il faut y être pour comprendre combien représente un tel montant équivalent à 275.000 Franc congolais. Et c’était un concert évènement –culte qui a connu un engouement terrible. Malgré le prix élevé du ticket à la porte, nombreux parmi les fans n’avaient même pas eu l’occasion d’accéder parce que la salle a refusé du monde vu le débordement.

Au-delà de l’art d’Orphée, les Camerounais ont développé une autre dimension d’admiration qu’aucun autre chanteur congolais de sa génération n’a connu depuis l’histoire de la musique en Afrique.

Il existe même une boutique et un salon de coiffure nommé « Fally Fashion » à Douala et à Yaoundé. Selon nos sources, le propriétaire de ce magasin a simplement jugé utile d’associer ce nom à son business pour des raisons de marketing ; il estime que Fally est actuellement un produit incontestable qui marche très bien en Afrique en matière de musique, mais aussi dans la mode. Ce qui est évident, c’est que la plupart des jeunes Camerounais comme d’autres africains s’inspirent et copient le look vestimentaire et la manière de s’habiller de l’artiste congolais.

Toutefois, le public africain a beaucoup du respect à la musique congolaise moderne, avec son armada d’artistes talentueux qui ont travaillé pour sa gloire et continuent à se défendre sur la scène internationale.
La rumba ou encore le Ndombolo Soukous, cette identité musicale du pays, marche en interne mais n’a pas la même ardeur d’antan en dehors du Congo. Et la nouvelle génération l’a bien compris. D’où, il était temps de changer de fusil d’épaule pour faire face à la concurrence qui bouillonne sur le marché du disque africain.

Aujourd’hui, FallyIpupa a pris une longueur d’avance en emboitant les pas grâce à ses cherches. Le chanteur congolais s’est plongé avec pertinence dans la musique urbaine qui est très appréciée partout à travers le monde. Son dernier opus « Tokoss » en fait preuve et prouve à suffisance le succès que récolte cet artiste qui fait bouger l’Afrique alors qu’il n’a même pas le même punch à Kinshasa, son fief. Nul n’est prophète chez lui, dit-on.

Jordache Diala /Envoyé spécial de Times.cd à Douala

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