Now Reading:
Francine Bongonda ( auteur de L’ARTICLE 15):  » Mon roman est un électrochoc pour mes compatriotes de la RDC… »
Full Article 4 minutes read

Francine Bongonda ( auteur de L’ARTICLE 15):  » Mon roman est un électrochoc pour mes compatriotes de la RDC… »

TIMES.CD est allé à la rencontre d’une Congolaise écrivain, Francine Bongonda, l’auteure du roman « L’article 15 ». Issue d’un parcours littéraire en RDC, elle a continué ses études en France, à l’issue desquelles elle a obtenu un titre professionnel d’assistante de direction. Métier qu’elle a exercé jusqu’à la publication de son roman.

Bilingue (français et allemand), l’auteure parle aussi l’anglais et travaille périodiquement comme interprète. Francine Bongonda est mère de famille et réside actuellement à Strasbourg, la capitale européenne. Entretien.

TIMES.CD : Pouvez-vous nous présenter Francine BONGONDA et sa trajectoire de romancière ?

Francine Bongonda: Je suis née à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. J’ai suivi toute ma scolarité à l’école Masamba à Kinshasa jusqu’à mon départ du pays.

C’est la lecture, commencée très tôt, qui m’a donné l’envie et les clés pour écrire des romans. Je me suis mise à écrire vers l’âge de 10 ans. « L’article 15 » est mon premier roman à être publié.

TIMES.CD : Pouvez-vous nous le résumer ?
F.B.: Le livre parle de l’amour à la congolaise entre Pierre et Ange. Ce couple va éclater à cause d’un complot familial visant à assassiner une rivale. La justice étant corrompue, Ange va devoir fuir la vengeance des auteurs de ce crime qu’elle a dénoncé. Elle sera contrainte d’abandonner son mari, ses enfants et toute sa vie.

TIMES.CD: Pourquoi avoir écrit ce livre ?

F.B.: Je voulais atteindre 2 buts bien distincts avec ce roman.

Premièrement, je souhaite divertir mes lecteurs en les faisant voyager en RDC. Ce roman doit être perçu comme un voyage dans un très beau pays où on y découvre ses mets, sa culture et l’hospitalité de son peuple. On y fait la connaissance d’un peuple plein de joie de vivre malgré sa vie difficile à cause de l’utilisation de cet article fictif de la constitution de la République Démocratique du Congo.

Le second but est d’interpeller la conscience collective sur les méfaits de l’utilisation de cet article 15, synonyme de la débrouillardise. L’article 15 fissure les bases de notre société. Dans cette situation, repeindre les murs ou carrément les rebâtir ne servira à rien car l’édifice est déjà ébranlé par la corruption, la polygamie et les crimes de tous genres.

Je suis engagée pour la cause de mon pays. Ce livre est donc ma participation pacifiste car la violence, même verbale, engendre la brutalité et surtout que la pilule passe mieux si elle est sucrée.

Ce roman s’adresse à tout le monde, mais c’est un livre que tout Congolais devrait lire.

TIMES.CD: Donnez-nous un exemple de l’article 15 au quotidien.

F.B.: Dès le début du roman, on est confronté à une scène d’une violence psychologique inouïe. C’est l’enlèvement des enfants par leur mère, aidée d’un chauffeur de taxi grassement rémunéré. Ce qui nous montre qu’avec l’article 15, tout est monnayable, même la conscience.

TIMES.CD: Et que préconisez-vous pour remédier à cette situation ?

F.B.: Je vous explique d’abord une chose : Les personnages de ce roman sont attachants parce qu’on arrive malgré nous, à comprendre pourquoi ils sont amenés à taire leurs consciences. On comprend la situation, d’autant plus que ce n’est pas de leur faute si la polygamie, le vol, le racket sont érigés en loi en RDC.
La solution d’après moi réside dans le fait que le Congolais doit désormais se réveiller chaque matin non pas en mode survie mais plutôt avec une conscience qui dicte des actions honnêtes, valorisantes pour soi-même et pour son pays.
Par exemple, arrêter de rançonner son voisin en mettant des commissions sur tout acte de la vie. Le changement de mentalité est primordial.

Mon souhait est que ce roman soit un électrochoc pour mes compatriotes de la RDC.

TIMES.CD: A quand le prochain livre ?

F.B.: Il est tjrs en cours d’écriture. Je peux déjà vous dire que ce sera la suite de l’article 15.
L’habitude étant une seconde nature, mes personnages ont ramené l’article 15 en Europe. Malheureusement ou heureusement pour eux, ils seront confrontés aux prix affichés sur les marchandises, au bénévolat, à la justice, des notions bafouées en RDC. Ce second roman va nous faire vivre le choc de ces deux mondes.

TIMES.CD

2 comments

  • bukasa

    Le débrouillez vous qui exigerait des vigoureux efforts, est devenu en RD Congo « Avillissez-vous » Imaginez-vous quelqu’un qui prétend se débrouiller, mais qui vend même son consanguin?
    J’ai été d’accord avec un certain écrivain brazzavilois qui a publié récemment sur facebook que: Même l’esclavage dont ont nous parle en lybie ne commence pas par là et ne fini pas par là d’autant plus que ces dits esclaves sont très souvent vendus par leurs propres membres de famille.(une mère,un père qui vend son fils ou fille. Un frère ou une sœur qui vend son propre frère ou sa sœur, un oncle ou une tante qui vend son propre neveux ou sa nièce) Le mal du noir c’est lui-même. Observons entre nous et vous trouverez que nous-mêmes sommes auteurs de ce répugnant esclavage.
    Que retenir? Cessons de nous dévaloriser entre nous. Que chacun prenne sa houe,sa machette allons au champs chercher les vivres pour nous et pour nos familles. Voilà un vrai  » Débrouillez-vous » Article 15″

    Merci

  • bukasa

    Je suis d’accord avec Bukasa, le mal du noir, c’est lui même. C’est triste, très triste. Maintenant que le constat est fait, il faut essayer de réveiller les consciences endormies pour sortir de ce tunnel. Tout changement passe d’abord par une prise de conscience, un changement de mentalité. il faut y croire…

Laisser un commentaire

Input your search keywords and press Enter.