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Monique Mukuna à Joseph Kabila: » Il vaut mieux quitter les choses avant que les choses ne vous quittent »
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Monique Mukuna à Joseph Kabila: » Il vaut mieux quitter les choses avant que les choses ne vous quittent »

En tant que citoyenne congolaise et candidate déclarée aux prochaines élections en République démocratique du Congo, Monique Mukuna a adressé une lettre ouverte ce samedi 17 juin 2017 au président de la République Joseph Kabila. Lettre dans laquelle elle rappelle au chef de l’État que toute autorité vient de Dieu. « Force est de constater que le peuple congolais que nous sommes vit dans la même quête que nos pères, celle de vivre avec une Constitution qui garantit la souveraineté de la nation congolaise ainsi que de son peuple ».

Elle déclare que  » ma démarche n’est pas de vous juger mais de vous éclairer sur le danger du chaos qui nous guette avant que nous n’atteignions un point de non retour: celui d’un bateau à la dérive complète ».

Dans la même correspondance, elle soutient que » d’aucuns disent que vous êtes plus grand que le Feu Président Mobutu, qu’en stratégie, vous n’avez pas d’égal et que nous avons à tord sous-estimé votre intelligence , que vos avoirs vous placent parmi les personnalités intouchables d’Afrique, et qu’il vous suffit d’acheter la conscience de quelques leaders d’opinion pour vous assurer de la tranquillité », révèle-t-elle. Elle ajoute que « ceux qui vous murmurent celà, ceux qui se disent vos conseillers, ceux-là même ont été, sont et vous utilisent pour survivre politiquement quand vous ne serez plus. Vous êtes assis sur une poudrière! La RDC, comme vous le savez sans doute sans doute que moi car vous êtes à sa tête, n’est pas comparable aux pays d’Afrique qui persistent encore à imposer la dictature à leur peuple en ce 21e siècle dominé par la vitesse de propagation de l’information ainsi que la mondialisation ».

Elle rappelle que « notre histoire, notre potentiel naturel, notre position au centre du continent ainsi que la superficie de notre pays qui est placé en position stratégique au centre même du continent avec une densité non négligeable de la population dans les villes font de la RDC un État totalement imprévisible ou tout ce que l’on projette de faire doit être réactualisé à chaque fois que des incontournables paramètres dus à notre diversité culturelle ainsi qu’au bas niveau social de nos populations entrent en jeu : cette stabilité précaire que vous semblez maintenir par la force ainsi que des stratégies avilissantes à l’égard de notre peuple, vont se retourner à tout moment contre vous même et votre système », poursuit-elle.

« Excellence, pensez vous que votre ennemi est le peuple qui descend dans la rue pour réclamer ses droits les plus fondamentaux ou encore des leaders d’opinion qui se lèvent pour éclairer le peuple?  » s’interroge-t-elle. Poursuivant que votre vrai danger provient de votre déni de respect de notre Constitution, des renards qui flattent le corbeau, des innoncents emprisonnés, du peuple affamé, tué, violé, enlevé, des étudiants sans avenir garanti, du manque d’accès aux soins médicaux, a l’eau potable, à l’électricité et j’en passe des meilleurs. Votre plus grand ennemi, c’est le cri, la souffrance de ce peuple opprimé et sans soutien que ni vos services de renseignements, ni votre garde républicaine ni les pays qui vous encouragent, ni les politiciens qui vous encouragent, qui vous flattent, ne peuvent vous protéger contre. Vous ne pouvez rien contre ce danger-là, car, ne dit-on pas que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu? Il vaut mieux quitter les choses avant que les choses ne vous quittent car il n’y a rien de nouveau sous ce soleil. Ce qui a été, c’est ce qui sera! Et pour finir chaque Goliath à son David  » conclut-elle.

Times.cd

Ci dessous, l’intégralité de la lettre ouverte de Monique Mukuna au Président de la République Joseph Kabila :

Lettre ouverte à  Son Excellence, le Président de la République Démocratique du Congo,Monsieur Joseph Kabila Kabange,

Excellence,

« Toute autorité vient de Dieu ».

De ce fait, je m’adresse à vous avec déférence comme il convient de s’adresser à son président : En tant que citoyenne congolaise, j’ai des droits et des devoirs vis-à-vis de ma Patrie. 50 ans après l’indépendance de notre pays, force est de constater que le peuple congolais que nous sommes vit dans la même quête que nos pères, celle de vivre avec une constitution qui garantit la Souveraineté de la Nation congolaise ainsi que de son peuple. Ma démarche n’est pas de
vous juger mais de vous éclairer sur le danger du chaos qui nous guette avant que nous
n’atteignions un point de non retour : Celui d’un bateau à la dérive complète.

D’aucuns disent : « Que vous êtes plus grand que le feu Président Mobutu , qu’en stratégie, vous n’avez pas d’égal et que nous avons à tord sous- estimé votre intelligence, que vos avoirs vous placent parmi les personnalités intouchables d’Afrique , et qu’il vous suffit d’acheter la conscience de quelques leaders d’opinion pour vous assurer de la tranquillité

Monsieur le président, Ceux qui vous murmurent cela, ceux qui se disent vos conseillers, ceux- là mêmes, ont été, sont et vous utilisent pour survivre politiquement  quand vous ne serez plus. Vous êtes assis sur une poudrière ! La République Démocratique du Congo, comme vous le savez sans doute mieux que moi car vous êtes à sa tête pendant suffisamment d’années, n’est
pas comparable aux pays d’Afrique qui persistent encore à imposer la dictature à leur peuple en ce 21ème siècle dominé par la vitesse de propagation de l’information ainsi que la mondialisation.

Notre histoire, notre potentiel naturel, notre position au centre du continent ainsi que la superficie de notre pays qui est placé en position stratégique au centre même du continent , avec une densité non négligeable de la population dans les villes, font de la RDC un Etat totalement imprévisible, où tout ce que l’on projette de faire doit être réactualisé à chaque fois que des incontournables paramètres dus à notre diversité culturelle ainsi qu’au bas niveau social de nos populations entrent en jeu : Cette stabilité précaire que vous semblez maintenir par la force ainsi que des stratégies avilissantes à l’égard de notre peuple , vont  se retourner à tout moment contre vous-même et votre système.

Vous vous demandez peut être, Excellence, de quel droit j’ose m’adresser à vous ? Je vous répondrai humblement que je suis juste une voix parmi tant d’autres qui essayent de vous conseiller de bien faire les choses, revêtez-vous, Excellence, de l’habit de pompier plutôt que de celui de pyromane. Notre pays a besoin aujourd’hui d’un leader qui l’aime et qui prend soin de son peuple et non de celui qui verse encore et encore le sang !!!! Je me suis levée, congolaise d’origine, pour plaider et me battre afin d’emmener une alternance réelle et positive dans mon pays que je porte dans mon cœur, n’en déplaise à ceux qui croient que le monopole de cette démarche est une chasse gardée, justifiée par un culte de personnalité entretenu ainsi que des combats jamais aboutis. Les uns ont fait parti des cofondateurs de votre parti politique ainsi que de son idéologie, d’autres ont porté le maillot jaune de ce même parti pendant des élections. Ils oublient aujourd’hui qu’une armée mène une guerre, chaque soldat placé à un poste d’où il peut le mieux servir : qu’il soit commandant, bombardier, pilote de chasse et j’en passe, tous ont un but commun : Gagner !  Personne n’est plus important que l’autre, le combat est le même pour tous et la victoire, le résultat d’un travail d’équipe et non celui d’une personne ou d’un groupe seulement.

Dans le cas d’espèce, permettez-moi, Monsieur le président, de  reconnaître : La pression des congolais de la diaspora, les Etats Unis, l’Union Européenne, certains pays africains, la société civile congolaise, les vrais opposants, les congolais qui n’ont pas eu peur, qui ont offert leur vie au changement de leur pays, la résistance de nos militaires à l’Est du pays, les ONG de droits de l’homme, les journalistes nombreux sur le net et autres formes de médias ainsi que ,tous ceux qui comme moi, ne cessent d’entreprendre des démarches dans le sens d’accorder une alternance réelle et positive à la RDC qui a tant souffert ! Toute cette équipe, comme je le crois, va gagner !

Excellence, pensez – vous que votre ennemi est le peuple qui descend dans la rue pour réclamer ses droits les plus fondamentaux ou encore des leaders d’opinion qui se lèvent pour éclairer le peuple ?

Permettez-moi de conclure avec tout le respect dû à votre position que : Votre vrai danger provient de votre  dénie de respect  de notre constitution ; des renards  qui flattent le corbeau; des innocents emprisonnés ; du peuple affamé, tué, enlevé, violé ; des étudiants sans avenir garanti ; du manque d’accès aux soins médicaux, à l’eau potable, à l’électricité et j’en passe et des meilleurs !

Votre plus grand ennemi c’est le cri, la souffrance de ce peuple opprimé et sans soutien que ni vos services de renseignement, ni votre garde Républicaine, ni les pays qui vous encouragent, ni les politiciens qui vous flattent ne peuvent vous protéger contre. Vous ne pouvez rien contre ce danger –là,  Raisi, car, ne dit-on pas que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu ? Il vaut mieux quitter les choses avant que les choses ne vous quittent car il n’y a rien de nouveau sous ce soleil. Ce qui a été, c’est ce qui sera ! Et pour finir : chaque Goliath a son David !

Je vous remercie,

Le 17 Septembre 2016
Monique MUKUNA MUTOMBO

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